Cameroun – Transports – Prix du carburant: les effets redoutés de la hausse: Chauffeurs et patrons refusent de payer la facture

Taxi au Cameroun





Les taximen craignent d’être sans revenus malgré une augmentation des prix du taxi. Les camionneurs annoncent une hausse des tarifs.[pagebreak]Augmenter les tarifs? Ne pas augmenter? La question est encore en suspens chez les taximen, au 4ème jour de la hausse des prix du carburant. Pourtant, la véritable préoccupation porte sur la pertinence de la décision à prendre au finish. Et sur ce point, les acteurs du secteur ne s’entendent guère. On l’a bien vu au cours de la réunion de concertation qui a réuni … hier, 3 juillet 2014, les syndicats de transport et plusieurs membres du gouvernement.
Un syndicaliste propose de nouveaux tarifs du taxi: 250 Fcfa le jour et 300 Fcfa la nuit. Mais un autre opte pour 300 et 350 Fcfa. Et le ministre des Transports, Robert Nkili, de leur rappeler que le véritable prix du taxi se négocie entre le taximan et le client. Là est toute la problématique d’une augmentation des coûts du transport par taxi. «Si on augmente les tarifs, je me demande bien qui va payer, puisque les gens ont déjà du mal avec les 200 et 250 Fcfa pratiqués», prévient Bruno Djiogap, président du Syndicat départemental des chauffeurs ouvriers du Mfoundi. «A Yaoundé par exemple, il est difficile de trouver un passager qui paie plus de 100 Fcfa partant de Carrière pour Mokolo, et vice versa. Il existe des têtes de ligne avec des tarifs connus», explique-t-il.

Pour ce chauffeur de taxi et bien d’autres, une augmentation des tarifs n’induira pas automatiquement un accroissement des recettes. Ils craignent de se retrouver avec un manque à gagner direct sur leurs revenus. «Je tiens à préciser que le taximan n’attend aucun salaire. Il doit produire la recette journalière à verser au patron, payer la facture de carburant et espérer qu’il lui reste quelque chose pour nourrir sa famille», ajoute Bruno Djiogap. Ainsi, pour un taxi qui consomme le gasoil, la facture de 100 km parcourus, passe de 4.500 à 6.800 Fcfa. La recette du patron est maintenue à 5.000 Fcfa. Il ne reste plus que 200 Fcfa au chauffeur qui travaille environ 12.000 Fcfa par jour. Avec une voiture qui utilise le super, le chauffeur n’est pas mieux loti non plus. Bien qu’il existe des jours de chance, la vie de ce travailleur deviendrait hypothétique s’il n’est même plus sûr de gagner en moyenne 3.000 Fcfa comme auparavant. Voilà une catégorie de personnes dont le pouvoir d’achat sera réduit à néant.

Camionneurs
Beaucoup de chauffeurs pensent que l’augmentation des tarifs ne profite à personne. Contrairement à la réduction des taxes qui fait les affaires du patron, Celui-ci se voit rajouter de l’argent alors qu’il n’en perd pas. Pourtant, il refuse de revoir à la baisse sa recette journalière ou d’octroyer un salaire à son chauffeur.
Malgré les mesures gouvernementales, les transporteurs par camion annoncent une hausse des tarifs. «La tonne de ciment transportée de Douala pour Yaoundé passe de 12.000 à 14.000 Fcfa. La tonne de farine connaît une hausse de 2.500 Fcfa. Les répercussions se feront ressentir sur le prix du pain et d’autres produits», prévient AIhadji Hamadou Djika, président du Syndicat général des transporteurs camerounais. Pour lui, il faut des mesures qui protègent tous les Camerounais, de la ménagère au paysan.

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