Cameroun – Trafic ferroviaire : Inquiétudes sur la reprise des voyages train Express

train Express

Le débat persiste sur la vétusté du chemin de fer ainsi que la qualité des wagons au moment où la reprise du trafic est annoncée entre Douala et Yaoundé depuis sa suspension suite à la catastrophe ferroviaire survenu en 2016.

Le 29 avril 2021, le ministre des Transports Jean Massena Ngalle Bibehe a présidé la cérémonie d’un voyage test d’Intercity désormais appelé train Express de Camrail, entre la ligne de Douala et Yaoundé. Ce service de Camrail qui permet aux voyageurs de rallier les deux principales capitales du pays en trois heures de temps avait était suspendu depuis la survenance de la plus grande catastrophe ferroviaire le 21 octobre 2016 à Eséka. Une catastrophe qui avait fait officiellement 79 morts, 07 disparus et plus de 500 blessés. La cérémonie organisée ce 29 avril en présence des responsables de Camrail et plusieurs autres personnalités plante le décor de la reprise effective du train express. 48 h après le voyage test organisé par Camrail, le collectif d’avocats Universel lawyers and human Rights defense n’est pas resté silencieux.

Ce collectif d’avocats qui s’est constitué au lendemain de l’accident ferroviaire pour défendre les victimes estime que les autorités de Camrail envisagent de relancer les voyages Intercity sans au préalable prendre les mesures qui permettront d’éviter d’autres catastrophes ferroviaires comme celle enregistrée le 21 octobre 2016. « Quelles garanties ces dirigeants ont-ils qui nous permettront de penser qu’à l’avenir un attelage entre wagons chinois et français ne sera plus fait ? Les autorités en charge du transport ferroviaire au Cameroun se sont-elles assurées de ce que la voie ferrée a connu une réelle refonte et que les manquements constatées ont été réparés ? Existe-t-il un état des lieux et un cahier de charges connus de tous au sujet des obligations qui incombent à l’Etat et au concessionnaire en tenant compte de cet élément conjoncturel qui a marqué à jamais les familles et le pays tout entier ? », s’interroge le Collectif d’avocats conduit dans Me Dominique Fousse. « Camrail n’a pas fini de rechercher les disparus. Les personnes qui cherchent encore les leurs ont-elles été indemnisées. Mon épouse est portée disparue dans cette catastrophe. J’ai rédigé plusieurs correspondances dans lesquelles j’avais saisi Camrail en leur demandant de financer les recherches de mon épouse. Malheureusement, elles n’ont jamais trouvé une solution. Je n’ai reçu aucune indemnisation de la part de Camrail jusqu’à ce jour », affirme Me Thomas Dissake. Cet avocat au barreau du Cameroun continue de rechercher son épouse depuis la survenance de cette catastrophe ferroviaire.

Modernisation de l’infrastructure

Lors du voyage test du train Express, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe a indiqué que le programme d’acquisition de nouveaux véhicules est maintenu. « Il a été retardé simplement pour le problème de Taxe sur les revenus(Tsr). Depuis que nous avons obtenu du ministre des Finances que cette taxe soit supportée par le Gouvernement sur le budget du ministère des Transports, les vannes sont désormais ouvertes pour nous permettre de procéder à ces réalisations », confie le Mintransport. Il a annoncé que le premier investissement de 25 nouvelles voitures et de cinq modules autorails se fera d’ici l’année prochaine. « Pour ce qui est de la voie, à certains endroits, nous avons constaté encore un ralentissement. Mais, c’est tout simplement parce que la voie est en cours de réhabilitation. Quand vous venez déposer un équipement récemment, la vitesse kilométrique doit être réduite… je vous rassure sur les équipements mais également les infrastructures qui doivent connaître leur plein développement », explique-t-il. Abbo Aboubakar, le président du Conseil d’administration de Camrail explique que le changement de la dénomination Intercity pour Train express est une volonté du gouvernement : « Pour le moment on ne peut pas espérer qu’Express ait la performance d’Intercity parce que les mêmes moyens ne sont mis en œuvre. Aujourd’hui, nous disposons de 11 voitures et on veut reprendre le service voyageur hors avec intercity, on avait plus de moyens. Camrail a un projet d’acquisition des ma tériels roulants qui est en cours et qui avance très bien. Nous espérons avoir des nouvelles voitures en 2022. Pour avoir des voitures, il faut passer les commandes pour leur fabrication tout cela prend en compte les délais. Les diligences liées à la contractualisation du projet sont avancées », explique le président du Conseil d’administration de Camrail.

S’agissant de la question de l’entretien du rail, le Président du conseil d’administration ajoute qu’il existe deux types d’entretien. L’entretien courant quotidien qui est fait par Camrail tout en déployant les moyens et les équipes pour cette tâche. Il y’a en second lieu, l’entretien qui consiste à faire la réhabilitation complète de la voie. Selon le Pca, c’est une opération assez lourde dont la responsabilité incombe à l’Etat : « On est dans le projet de réhabilitation de la voie entre Yaoundé et Douala et celle de la voie entre et Belabo et Ngaoundéré avec les bailleurs. Les offres de financements sont déjà faites, d’ici 2023, nous aurons la réhabilitation de la voie Douala-Yaoundé », précise-t-il. Sur la question des indemnisations, le Pca de Camrail relève que les familles des victimes ont été totalement indemnisées : « Nous sommes toujours préoccupés par les cas des personnes disparues et ce dossier fait toujours l’objet d’une étude par notre structure », précise Abbo Aboubakar. En rappel, l’enquête prescrite par le président de la République suite à la catastrophe ferroviaire d’Eséka avait mis en cause la responsabilité de Camrail.

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