Cameroun – Soins de peau : la folie “Skin Care” gagne Yaoundé

Soins de peau au Cameroun – jeunes femmes à Yaoundé testant des produits de beauté locaux

À Yaoundé, les Camerounais dépensent chaque mois des sommes folles pour entretenir leur peau. Entre consultations dermatologiques à 10 000 F CFA et produits importés jusqu’à 25 000 F CFA, la tendance du “skin care” est devenue un véritable phénomène social. « Je préfère avoir une peau propre qu’un sac à main de luxe », confie Sophie Manga, habituée des instituts de beauté de Bastos. Mais face aux coûts, beaucoup cherchent des solutions alternatives. Comment expliquer cette obsession nouvelle pour le soin du visage ?

Une génération obsédée par l’apparence

Dans la capitale, le culte de la peau parfaite s’impose comme un rituel quotidien, surtout chez les jeunes femmes. TikTok, YouTube et Instagram regorgent de tutoriels locaux sur le soin du visage. « Je passe au moins deux heures par jour à regarder des vidéos pour savoir quoi appliquer », raconte Gabrielle Mvondo, étudiante à Ngoa-Ekellé.

Les produits phares ? Les gommages à base de curcuma, les masques au miel ou encore les sérums vitaminés vendus dans les marchés de Melen et d’Essos. Certains préfèrent les pharmacies, d’autres les boutiques de cosmétique informelles où les prix varient du simple au double.

Selon plusieurs esthéticiennes rencontrées à Yaoundé, le budget moyen mensuel pour les soins de peau varie entre 10 000 et 25 000 F CFA. Une somme importante dans un contexte de vie chère, mais que beaucoup jugent “indispensable”.

Quand la beauté devient un marché florissant

Les instituts de beauté ne désemplissent pas. « Le week-end, on double facilement la recette », confie Mégane Golike, réceptionniste dans un centre esthétique du quartier Nlongkak. D’après elle, un salon peut générer jusqu’à 150 000 F CFA par jour lors des pics d’affluence.

Les pharmacies et supermarchés surfent également sur la vague. Entre crèmes éclaircissantes, huiles naturelles et produits importés d’Asie, le secteur du “skin care” au Cameroun pèserait déjà plus de 3 milliards F CFA selon les estimations de 2024.

Cette effervescence s’explique aussi par un changement de mentalité : le soin du corps n’est plus perçu comme un luxe, mais comme une forme d’hygiène et d’affirmation personnelle. « Ce n’est pas du jeu, avoir une peau propre, c’est se respecter », lâche Léa Djom, 22 ans.

Beauté locale et économie parallèle

Face à la cherté des marques importées, des alternatives locales fleurissent. Des jeunes entrepreneures de Yaoundé et Douala fabriquent leurs propres crèmes à base de beurre de karité, d’aloe vera ou de papaye verte. « Mes clientes veulent du naturel, sans produits chimiques », explique Aline N., fondatrice de la marque artisanale Piel Naturelle.

Cependant, le manque de réglementation et la prolifération de produits contrefaits inquiètent les dermatologues. Plusieurs cas d’irritations sévères sont signalés dans les hôpitaux de la capitale. L’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) travaille actuellement à renforcer le contrôle de ce marché informel.

Vers un “Skin Care” à la camerounaise ?

Entre tendances internationales et solutions locales, le Cameroun cherche encore son équilibre. Si les produits étrangers séduisent par leur packaging, les recettes traditionnelles ont le vent en poupe. L’avenir du “skin care” camerounais se jouera sans doute entre innovation, éducation et fierté locale.

Mais au fond, la vraie question demeure : faut-il dépenser autant pour bien s’aimer ?

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