Cameroun : Séisme à la FECAFOOT ! Soleil Nyassa banni 5 ans pour détournement de fonds

Nyassa Nyassa Roger

Soleil Nyassa, membre influent du Comité Exécutif de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) et président de la ligue départementale du Mbam et Kim, vient d’être suspendu pour cinq longues années. L’instance dirigeante du football camerounais l’accuse de graves malversations financières, jetant une lumière crue sur les dérives au sein de l’institution, comme le révèle en exclusivité 237online.com.

Des clubs fantômes pour détourner les subventions

Au cœur du scandale : la déclaration frauduleuse de clubs fictifs affiliés à la ligue départementale du Mbam et Kim. Selon les investigations de la commission d’homologation et de discipline, Soleil Nyassa aurait gonflé le nombre d’équipes, passant de 4 à 8, dans le seul but de percevoir des subventions plus importantes de la part de la FECAFOOT.

Vipere SA, Mbam et Kim FC, Olympique FC et Option Pro Sport Étude… Autant de noms qui ne correspondent à aucune réalité sur le terrain. Des coquilles vides, montées de toutes pièces pour détourner l’argent du football camerounais. Un stratagème qui aurait permis à Soleil Nyassa et ses complices d’empocher indûment des sommes conséquentes.

Samuel Eto’o sort le grand balai

Mais c’était sans compter sur la détermination de Samuel Eto’o, le président de la FECAFOOT, à assainir l’instance. Depuis son arrivée à la tête de la fédération, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a fait de la lutte contre la corruption et les dérives sa priorité absolue.

Et dans ce combat, pas de quartier, même pour ses proches. Car Soleil Nyassa, avant d’être pris la main dans le sac, était un des alliés d’Eto’o. Un soutien de la première heure, récompensé par une place au Comité Exécutif. Mais pour le président de la FECAFOOT, l’intérêt du football camerounais passe avant les amitiés.

Des sanctions lourdes et un signal fort

La sanction est à la hauteur de la faute : 5 ans de suspension de toute activité liée au football, assortis d’une amende de 500 000 FCFA. Une peine lourde, qui sonne comme un coup de tonnerre dans le milieu du ballon rond camerounais.

Car au-delà de Soleil Nyassa, c’est tout un système qui est visé. En frappant fort, la FECAFOOT envoie un message clair : l’ère de l’impunité est révolue. Désormais, les fraudeurs et les corrupteurs devront rendre des comptes, quel que soit leur statut ou leurs connexions.

L’étau se resserre autour de Nyassa

Mais les ennuis ne font peut-être que commencer pour Soleil Nyassa. Car selon nos informations, cette affaire de clubs fictifs ne serait que la partie émergée de l’iceberg. L’ancien membre du Comité Exécutif est également soupçonné d’avoir fait fuiter des informations confidentielles sur la gestion de la FECAFOOT.

Des révélations embarrassantes sur les contrats de Roger Milla, les liens troubles entre Samuel Eto’o et la société Luxury Plane… Autant de dossiers qui auraient été éventés par Nyassa, suscitant l’ire du président de la fédération. Une trahison de trop, qui aurait scellé le sort de l’ancien allié devenu encombrant.

Quand le football lave son linge sale en famille

Mais au-delà du cas Nyassa, c’est toute la gouvernance du football camerounais qui est en question. Les révélations en cascade sur les malversations et les luttes de pouvoir au sommet de la FECAFOOT jettent une ombre inquiétante sur l’institution.

Détournements de subventions, contrats opaques, règlements de comptes… Le tableau dressé est peu reluisant. Et il soulève de nombreuses interrogations sur la capacité de l’instance à réformer en profondeur ses pratiques et sa culture.

Le pari risqué d’Eto’o

Pour Samuel Eto’o, c’est un véritable baptême du feu. En s’attaquant frontalement à la corruption, en osant sanctionner un de ses proches, il prend un risque politique majeur. Celui de se mettre à dos une partie du système, de susciter des rancœurs et des envies de vengeance.

Mais c’est aussi le prix à payer pour restaurer la crédibilité de la FECAFOOT et redonner au football camerounais ses lettres de noblesse. Une tâche immense, qui exigera du nouveau président une détermination sans faille et une intégrité à toute épreuve.

L’affaire Soleil Nyassa marque-t-elle le début d’une nouvelle ère pour le football camerounais ? L’avenir le dira. Mais une chose est sûre : en osant briser l’omerta et sanctionner les dérives, Samuel Eto’o a envoyé un signal fort. Celui d’une FECAFOOT décidée à rompre avec les vieilles pratiques pour écrire une nouvelle page de son histoire. Une page de transparence, d’intégrité et de passion pour le beau jeu. Le chemin sera long et semé d’embûches, mais le premier pas est fait. Et c’est déjà une victoire pour tous les amoureux du football au Cameroun.

Par Jean-Paul Nkou pour 237online.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *