C’est une affaire aussi choquante que révoltante qui secoue aujourd’hui l’hôpital de district de Biyem-Assi, dans la banlieue de Yaoundé. Selon des témoignages concordants relayés sur les réseaux sociaux et recueillis par 237online.com, un patient admis dimanche soir dans un état critique après un violent accident de la route aurait été odieusement dépouillé de ses effets personnels, et notamment d’une somme de 30 000 FCFA, par le personnel soignant censé lui porter secours. Un vol éhonté qui en dit long sur le délabrement moral de cet établissement pourtant vital pour les populations, et qui exige des sanctions immédiates et exemplaires de la part des autorités sanitaires.
Un blessé abandonné à son sort pendant des heures faute de moyens
Le drame est survenu dimanche dernier aux alentours de 19 heures, lorsqu’un homme a été violemment percuté par un véhicule devant le lycée de Biyem-Assi. Grièvement blessé, il a été immédiatement transporté par des témoins de la scène à l’hôpital de district voisin, où il est arrivé vers 19h30 dans un état d’agonie. Mais au lieu de lui prodiguer les soins d’urgence que requérait son état, le personnel soignant l’a littéralement abandonné à son sort pendant près de 4 heures, prétextant l’absence de moyens et de consignes.
« On l’a laissé agoniser seul sur un brancard jusqu’à 23 heures, sans même un antidouleur ou un pansement », s’insurge un proche de la victime joint par 237online.com. « Les médecins répétaient qu’ils ne pouvaient rien faire sans l’aval de leur hiérarchie et sans qu’on leur donne de l’argent pour les premiers soins. Une honte ! » Un témoignage accablant qui illustre hélas le triste état de délabrement de notre système de santé, où même les cas les plus urgents sont conditionnés au fameux « Gui d’abord » avant toute prise en charge.
30 000 FCFA et un portable mystérieusement volatilisés
Mais le pire restait à venir pour le malheureux accidenté et ses proches. Car lorsque ces derniers ont enfin pu réunir les fonds nécessaires aux premiers soins, vers 23 heures, l’impensable s’est produit. En fouillant les affaires de la victime pour récupérer argent et pièce d’identité, ils ont eu la stupeur de constater que son portefeuille avait été vidé des 30 000 FCFA qu’il contenait, soit toute la recette de son dur labeur du jour. Quant à son téléphone portable, il avait lui aussi mystérieusement disparu.
Interrogé, le personnel de l’hôpital a d’abord tenté de se défausser en accusant les braves citoyens qui avaient amené le blessé ! Avant de finalement rendre le téléphone devant l’insistance des proches. Mais des 30 000 FCFA, nulle trace à ce jour. Autant de zones d’ombre qui font peser les soupçons les plus lourds sur une équipe soignante visiblement bien plus intéressée par le portefeuille de ses patients que par leur état de santé. Un personnel qui n’a visiblement pas hésité à profiter lâchement de l’état d’inconscience d’un mourant pour le dépouiller en toute impunité.
Des sanctions exemplaires exigées par les usagers
Face à ce énième scandale qui éclabousse le secteur de la santé publique au Cameroun et ébranle la confiance des usagers, une réaction ferme des autorités sanitaires est plus qu’urgente. Il est impératif qu’une enquête approfondie soit immédiatement diligentée pour faire toute la lumière sur les circonstances troubles de ce vol abject, et identifier tous les coupables pour qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. Car au-delà de la simple affaire de flouerie, c’est bien du crime de non assistance à personne en danger dont il est question ici.
Mais il faut hélas craindre l’habituel scénario du bouc émissaire et de l’étouffement en haut lieu, tant les dérives au sein du corps médical semblent gangrénées par un sentiment inquiétant d’impunité. Gageons que le ministre de la Santé, s’il est vraiment soucieux de restaurer la confiance des Camerounais dans leur système de soins, saura cette fois aller au bout de la transparence et prendre les sanctions fortes que lui dicte l’extrême gravité des faits. C’est une question de crédibilité, mais aussi de dignité pour ces milliers de soignants intègres qui se battent au quotidien pour sauver des vies dans des conditions souvent impossibles.
Quant à la victime, toujours entre la vie et la mort à l’heure où nous écrivons ces lignes, elle n’aura décidément pas volé le soutien et les prières de tous dans cette douloureuse épreuve. Puisse ce scandale au moins ouvrir enfin les yeux de nos dirigeants sur l’état catastrophique de nos hôpitaux publics. Et inciter chaque Camerounais à se mobiliser pour que plus jamais un blessé, un malade, un mourant, ne soit ainsi livré à la rapacité des vautours en blouse blanche. Comme l’écrivait Albert Camus, « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde ». Il est plus que temps de mettre les mots justes sur les maux de notre système de santé.
Par Alain Junior Zogo pour 237online.com
Ne manquez aucune actualite !
Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop




