Cameroun: Santé pour tous en 2016

Avec la 3e enveloppe budgétaire, la Santé publique est un mastodonte à côté d’autres départements consacrés au social.
Le ministère de la Santé publique est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de santé publique. A ce titre, il est chargé d’assurer l’organisation, la gestion et le développement des formations sanitaires publiques; d’assurer le contrôle technique des formations sanitaires privées ; de veiller à l’extension de la couverture sanitaire du territoire ; de veiller au développement des actions de prévention et de lutte contre les épidémies et des pandémies. Ces missions connues – en partie -, le gouvernement doit encore se donner les moyens pour y parvenir.
Mais, l’échec des objectifs du Millénaire pour le développement (Omd) en Afrique en général et au Cameroun en particularité est dû, par ailleurs, à l’échec des politiques publiques en matière d’accès pour tous à la santé. C’est ainsi que le gouvernement de Philemon Yang a affecté une enveloppe de 236,167 milliards Fcfa à la Santé publique. Soit une augmentation de quasiment 30 milliards Fcfa et la troisième enveloppe budgétaire. Même si cette enveloppe est loin des 15% du budget national, comme le souhaite l’organisation des Nations unies et le plaidoyer de certains organismes spécialisés comme Positive Génération au Cameroun.
Cependant, le Minsanté semble devoir tout mettre en place. C’est pour cette raison que 132,452 milliards Fcfa seront consacrés à l’investissement et 103,715 milliards Fcfa seront attribués au fonctionnement. Ses différents chantiers sont la lutte contre la maladie et la promotion de la santé, la santé de la mère, de l’enfant et de l’adolescent ainsi que la viabilisation du district de santé. Selon des informations crédibles, pour le compte de l’année 2015, le Minsanté a utilisé 122,93% de son budget. Un dynamisme qui vient attester le fait que tous les fonds publics n’étaient destinés qu’à la lutte contre Boko Hram. Néanmoins, les plateaux techniques et les conditions de travail dans le secteur de la santé publique au Cameroun restent une préoccupation réelle. Tout comme la lutte contre la corruption et bien d’autres fléaux du secteur à l’instar de la rupture des stocks de médicaments, de l’absence des médecins à leurs postes de travail, etc.
A la fin de l’année prochaine, le ministre de la Santé publique devra faire le point sur les promesses faites pour l’utilisation de ce budget. 237online.com Notamment la construction de huit nouveaux centres hospitaliers régionaux de référence, l’achèvement du programme de construction des centres régionaux d’imagerie médicale et d’hémodialyse, la réhabilitation et le relèvement des plateaux techniques des hôpitaux généraux de Douala et de Yaoundé, ainsi que le Centre universitaire hospitalier (Chu) de Yaoundé, en lambeaux.
Tout à côté, les ministères des Affaires sociales, de la Promotion de la femme et de la Famille ainsi que celui du Travail et de la Sécurité sociale apparaissent encore dans une certaine opinion comme des ministères inutiles ; tant leurs actions ne sont pas quantifiables et n’impactent pas substantiellement le quotidien des Camerounais. D’ailleurs, l’enveloppe des trois ministères réunis n’atteint pas les 18 milliards Fcfa. Or, le ministère des Affaires sociales, par exemple, est d’une mission d’une grande importance : prévention, assistance et protection des personnes socialement vulnérables. Les enfants de la rue constituent aujourd’hui une pieuvre en plein cœur de la capitale camerounaise. Quant au ministère de la Femme et de la Famille (6,8 milliards Fcfa, lune des plus petites enveloppes), le projet de loi sur la famille est devenu un serpent de mer depuis la préparation de l’avant projet de loi dont on parle depuis une quinzaine d’années.

J.B.A.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *