Cameroun – Régions anglophones: Le gouvernement toujours ouvert au dialogue

Les travaux du comité ad hoc interministériel se sont poursuivis à Bamenda en fin de semaine.
La vie ne s’annonce pas facile pour les habitants des régions anglophones du Cameroun. Après « la journée de résistance pacifique », décrétée lundi dernier et suivie à la lettre, ils vont entrer ce matin, 16 janvier 2017, dans une journée ville morte. Le lendemain, mardi 17 janvier, le débrayage devrait continuer. Dans la ville de Bamenda, hier dimanche 15 janvier 2017, les populations comme à leur habitude se battaient pour faire des emplettes, au cas où la situation se complique. Au lendemain du report des travaux du comité ad hoc interministériel chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones, on perçoit comme une impasse. Des citoyens interrogés affirment qu’ils resteront à la maison, « par prudence ». Derrière cette prudence se cache cependant la volonté de voir solutionner, une fois pour toutes, une situation qui perdure. Dans notre édition de vendredi, nous rappelions qu’après le couac du 27 décembre 2016, les négociations du premier jour avaient été sereines. Un consensus avait même été trouvé sur des points inscrits à l’ordre du jour. Mais c’était sans compter avec l’environnement, qui suscite chaque jour des problèmes et de nouvelles exigences. De 11 points soumis à l’attention du Premier Ministre, le comité ad hoc est passé à 15. Les négociations traînent parce que certains délégués ne cessent de multiplier les préalables. Du côté du gouvernement, toutefois, on insiste sur la disponibilité à poursuivre un dialogue républicain.

Sécurité
La plus grosse pomme de discorde reste le maintien de l’ordre. « Alors que les enseignants se préparaient à éduquer le public sur la discussion et les résolutions du 14 janvier, des éléments de la police et des gendarmes ont créé vers minuit un autre désordre, tirant sur quatre jeunes hommes sans armes et les blessant gravement », accuse le Consortium de la société civile anglophone. Joint au téléphone, Valentine Tameh, le responsable de la Teachers Association of Cameroon (Tac), ne se sent pas solidaire des villes mortes. Il maintient que leur mot d’ordre de grève n’a pas été levé. « Le
consortium demande que le gouvernement organise un référendum sans plus tarder afin que le Cameroun anglophone puisse effectivement retourner à une fédération de deux Etats », lit-on dans le communiqué cosigné par l’avocat Félix Nkongho, président ainsi que Wilfred Tassang de la Cameroon Teachers’ Trade Union (Cattu) et Dr Fontem Neba du Syndicat des enseignants du supérieur à Buea. Ce regroupement qui coordonne désormais les actions des enseignants et des avocats est fâché de « la militarisation continue des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest » et de « l’utilisation continue et disproportionnée de la force contre les civils non armés ». Les deux jours de ville morte de cette semaine constituent donc du point de vue des grévistes, une manière de «protester contre les tirs continus, l’arrestation arbitraire et la mutilation de notre peuple par la police camerounaise et les gendarmes».

Franklin Kamtche

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