Cameroun-Présidentielle 2018 : le gouvernement répond à la résistance

atanga issa

Dans une conférence de presse donnée ce 5 octobre 2018 à Yaoundé, le directeur de campagne du Mouvement pour la renaissance du Cameroun a évoqué plusieurs griefs à l’endroit de l’organe des élections en annonçant une résistance, le gouvernement a réagi fermement

Le MRC charge ELECAM

Le MRC constate que rien n’a été fait quant à la violation de certains articles du code électoral. Il s’agit à les en croire des articles 87 (4) « le format maximum des affiches établies en vue de la campagne électorale est fixé par décision du Directeur Général des Elections. » ; le MRC indique que les affiches du RDPC sont en inadéquation avec celles des autres partis (étant plus grandes) ; il y a également l’article 91.- (1) qui stipule que « Des emplacements sont réservés par les municipalités à la demande d’Elections Cameroon, pour l’apposition des affiches et du matériel de campagne de chaque candidat ou liste de candidats. » le porte-parole de cette formation politique a expliqué que le parti au pouvoir s’est arrogé impunément un grand nombre d’espaces d’affichage dans les lieux publics. Le parti de Maurice KAMTO s’indigne également de ce que les listes des scrutateurs ne soient pas toujours disponibles dans les bureaux de vote à 2 jours de l’échéance alors que le code électoral prévoit en son article 97 que « La liste des bureaux de vote est transmise aux démembrements communaux d’Elections Cameroon pour affichage au moins huit (08) jours avant la date du scrutin. ».En s’inquiétant de la présence de certains bureaux de vote dans les services des forces de l’ordre, le MRC a également annoncé que des opérations de fraude seraient en cours à l’initiative du parti au pouvoir ; mais aucune preuve n’en a été présentée au fil du point du presse.

La résistance

C’est par un « On n’est pas l’opposition d’hier qui ne faisait pas foule » que Paul Eric KINGUE rassure que le MRC ne restera pas muet à quelque irrégularité. Pour la victoire du candidat KAMTO, a-t-il indiqué des meetings courus ont été organisés de part et d’autres. Parlant du Président candidat, Paul BIYA, Le MRC ne conçoit pas que quelqu’un qui n’a pas battu campagne l’emporte sur eux ; Paul Eric KINGUE a indiqué que la victoire est évidente pour leur candidat, que les manœuvres visent à en changer l’issue ; il a à cet égard annoncé que la résistance sera organisée par leurs militants sur toute l’étendue du territoire pour empêcher les fraudes « Nous allons riposter avec la dernière énergie tant qu’il y a ce type de magouilles ». Aussi, le MRC a annoncé que ses militants vont investir les bureaux de votes avec leurs téléphones, question de filmer et partager le verdict des procès-verbaux « nous allons publier les tendances le soir du 7 octobre ». Ce parti de l’opposition n’entend pas prendre en compte les procès-verbaux des régions à majorité anglophones (le Nord-ouest et le Sud-ouest) s’il n’a pas la preuve que les opérations de vote s’y sont effectivement déroulées. La formation politique entend déposer une plainte à l’endroit des officiels d’ELECAM pour les irrégularités évoquées plus haut.

La réaction du Gouvernement

Le Ministre de la Communication Issa Tchiroma Backary et son homologue de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji ont donné dans la soirée du 5 octobre au siège du Micom un point de presse au fil duquel ils sont revenus sur la sortie du Porte-parole du MRC. « L’annonce des résultats est une prérogative exclusive du conseil constitutionnel » a lancé le ministre de la Communication en s’interrogeant « Comment un parti qui s’est déployé dans moins de 100 arrondissements sur les 360 que compte le Cameroun peut se prévaloir la victoire devant le parti au pouvoir qui a couvert pas moins de 345 communes ? Comment gagne-t-on une élection qui n’a pas encore eu lieu ; c’est de la sorcellerie ! ». Les partis politiques étant sous sa tutelle, Atanga Nji indique avoir mis à leur disposition deux documents encadrant leur tenue pendant cette période électorale ; Le cadre juridique et Le guide de l’observateur. Le porte-parole du gouvernement est surpris de ce que des aspirants à la présidence ne respectent pas les institutions de la République. Son indignation est totale relativement à des alliances secrètes nouées entre des partis politiques et des organisations étrangères pour semer le trouble au cas où ils n’auraient pas gain de cause ; il a notamment cité l’ONG International Crisis Group engagée, selon lui, dans des manœuvres de déstabilisation du Cameroun. Et quant à la résistance et autres manifestations annoncées, le Ministre de l’Administration territoriale s’est voulu rassurant « Personne n’est au-dessus de la loi ; tous les contrevenants à la réglementation vont assumer leurs actes ; ils sont comptables de leurs déclarations…. l’Etat, le monstre froid va réagir de façon ferme » à Issa Tchiroma de préciser « Le gouvernement a pris des mesures adéquates pour empêcher tout acte pouvant mener à la violence ou à un climat de tension ; la sécurité sera assurée avant pendant après les élections ». Les deux membres du gouvernement ont appelés les citoyens à être vigilants, responsables et à ne pas se laisser manipuler par quelque belligérant. Par la voix de son communicant, le Gouvernement s’est félicité du fait que la campagne se soit déroulée jusqu’ici sans anicroche et que la couverture médiatique des manifestations des différents candidats soit effectivement assurée par la chaîne nationale selon ses prescriptions. À l’intention des citoyens ne possédant pas de carte d’électeur, Issa Tchiroma Backary a indiqué la possibilité pour eux, s’ils sont inscrits sur les listes électorales, de voter avec leurs Cartes nationales d’identité.

Romulus Dorval KUESSIE, 237online.com

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