Société

Cameroun : Près d’un millier de policiers mobilisés à Garoua

Ils ont pris d’assaut les différents carrefours du chef-lieu de la région du Nord pour le 12 août dernier, date de la marche pour la libération de Marafa Hamidou Yaya, Amadou Vamoulké et Iya Mohammed par la confédération des associations des jeunes solidaires du Cameroun (Cajsc).

C’est dès 4 heures du matin le vendredi 12 août 2022, que près d’un millier d’éléments de la police nationale ont pris d’assaut le quartier Lopéré où réside Mohamadou Bouba, l’initiateur de la marche de libération des sieurs Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre de l’Administration territoriale, Amadou Vamoulké, ex-directeur général de la Crtv et Iya Mohamed, ancien directeur général de la Sodecoton et ancien président de la Fecafoot. D’autres quartiers ont aussi été pris d’assaut par les forces de maintien de l’ordre à savoir le quartier Foulbéré et une partie du grand marché de Garoua.

Le dispositif sécuritaire avait pour objectif de maintenir l’organisateur de la marche chez lui, mais aussi procéder à la fouille du quartier et de son domicile. Par petits groupes, les éléments de la sûreté nationale ont passé au peigne fin des maisons du quartier Lopéré. Ces éléments de la police étaient à la recherche des pancartes, banderoles et autres gadgets confectionnés pour la marche; par la suite, pister les entrées et sorties de ce quartier. Jusqu’à 8 heures ce jour-là, les habitants du quartier Lopéré étaient cloitrés dans leurs domiciles. Les motos-taxis et les populations étaient soumis à la traversée des différents check points. Les attroupements de plus de deux personnes étaient immédiatement dispersés.

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Dans le centre urbain de Garoua, le déploiement de la police est plus perceptible au carrefour du grand marché de Garoua, au carrefour de la brasserie et de la permanence du parti Rdpc. Pour rallier le carrefour Total grand marché, il fallait montrer patte blanche. Le pick-up du poste de police frontier de Barnaké était garé sur la chaussée et des policiers quadrillaient le carrefour sous la supervision d’un commissaire de police assisté d’un officier de police. Les deux hommes étaient les seuls à laisser passer les véhicules et mototaxis. Au fil des heures la situation s’est décantée et le dispositif sécuritaire est levé petit à petit.

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Le reporter de votre journal s’est approché de quelques éléments de la patrouille assis sous les arbres. « Nous n’avons pas l’autorisation de parler aux journalistes, surtout pas d’images aussi. Je ne souhaite pas que vous photographiez mes éléments », a gentiment lancé un officier de 2ème grade. Selon lui, cette mission n’avait rien à voir avec la marche du 12 août 2022 réclamant la libération de certains pontes du régime. « Il y a une série d’agressions et de vols par moto. Nous sommes là pour rassurer la population et rechercher certains repris de justice », a expliqué l’officier de police rencontré au quartier Lopéré.

Du coté des leaders de la confédération des associations des jeunes solidaires du Cameroun (Cajsc) rien ne filtre. Les multiples tentatives de joindre l’initiateur de la marche dans la ville de Garoua sont restés vaines. À Maroua, ladite marche a été étouffée dans l’œuf par les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre. Des pressions ont été exercées sur les leaders d’associations des jeunes de Maroua.

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Adolarc Lamissia / 237nline.com

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