Cameroun – Port de Kribi: Necotrans veut éjecter KMPO du terminal polyvalent

L’opérateur français ne se satisfait pas de ses 51% des parts dans le groupement constitué avec le consortium d’entreprises camerounaises dans la concession du terminal vrac du port de Kribi.
La présidence de la République a été saisie pour arbitrage. Le terminal polyvalent du port de Kribi ne démarrera pas ses activités de sitôt. Sur son chemin se dresse un obstacle de taille : l’absence de la constitution de la société chargée de le gérer. Même si le nom TPK (Terminal polyvalent du port de Kribi) lui a déjà été trouvé, les parties prenantes ne sont pas d’accord sur les parts à faire valoir dans le capital de la société de gestion. 237online.com KPMO (Kribi port Mutiple Operators) accuse Necotrans, son partenaire français, de manœuvrer pour s’emparer de manière exclusive des manettes de la boîte et éjecter les opérateurs locaux. En tout cas, c’est ainsi que la situation a été présentée au secrétaire général de la présidence de la République, au SGPM, au ministre des Transports et au port autonome de Kribi. Necotrans est un géant français de la logistique et du transport international implanté dans une quarantaine de pays dans le monde, y compris le port de Douala. KPMO est un consortium d’entreprises camerounaises, composé de 2M, Transimex, APM, Sapem, 3T Cameroun, Cam-Transit, Copem, Star et Gos. A la différence de Necotrans, qui existe depuis 1985, KPMO est mis en place pour les besoins de la cause : la concession du terminal polyvalent du port de Kribi. Quand le Premier ministre lance l’appel d’offres, en janvier 2014, pour la désignation du concessionnaire pour le terminal polyvalent du port de Kribi, les alliances se dévoilent. Necotrans et KPMO s’étaient mis ensemble grâce à un accord de groupement signé en 2013. Soit 51% pour l’opérateur français et 49% pour l’entité composée d’opérateurs camerounais. Necotrans est le chef de file. Le groupement Necotrans/KPMO a un avantage sur ses concurrents : la présence des Camerounais. Ces derniers ont eu le nez creux : en allant en rangs serrés, ils ont choisi d’exister dans un secteur où leur part reste embryonnaire, mais qu’ils refusent de laisser complètement aux mains des étrangers. Les Camerounais engagés dans cette compétition jouent sur cet atout et font feu de tout bois. Sensible à l’argument de la préférence nationale, le président de la République marque son accord pour le choix de Necotrans/KPMO pour la concession du terminal polyvalent du port de Kribi. Un communiqué du Premier ministre signé le 26 août 2015 viendra matérialiser cet acte. Quelques semaines plus tard, les négociations s’ouvrent pour la rédaction du contrat définitif. D’après KPMO, tout est fin prêt, sauf la société de gestion du terminal polyvalent, qui se heurte aux manœuvres et renoncements de Necotrans. Selon les explications fournies à la présidence de la République, il est indiqué que « Necotrans ne veut plus traiter avec la personne morale KPMO et souhaiterait négocier directement avec les différents membres qui constituent ce groupement ». Necotrans est soupçonné de vouloir disloquer KPMO, qui éclaterait donc en neuf actionnaires différents avec lesquels, il serait aisé de discuter. Certains d’entre eux ont même fait l’objet d’une approche très intéressée de Necotrans. « Cette évolution stratégique du chef de file pour des raisons hégémoniques évidentes est rejetée par l’ensemble des membres de KPMO qui ont pris conscience du danger qui plane sur leurs têtes », dénoncent les responsables de ce groupement camerounais. De fait, l’accord de groupement signé entre les deux partenaires en 2013 avait non seulement reparti les parts, mais aussi envisagé les modalités de gouvernance de la société de gestion du terminal polyvalent du port de Kribi. 237online.com Il était prévu une rotation tous les 5 ans des postes de PCA, DG, DGA, directeur administratif et financier, directeur d’exploitation et directeur technique. Aujourd’hui, KPMO accuse Necotrans de s’être adjugé les postes de DG, DAF et de vouloir supprimer de l’organigramme les postes stratégiques qui devaient revenir à la partie camerounaise.

Parfait N. Siki

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