Cameroun: Paul Biya trace les sillons de la réussite dans l’agriculture

Analyse du message présidentiel à la jeunesse. Comment les jeunes peuvent-ils créer la richesse en investissant et en s’investissant dans l’agriculture ?
Outre le secteur fructueux de l’économie numérique indiqué comme une ressource bénéfique pour les jeunes, le Président Paul Biya a vivement conseillé les pistes de l’agriculture comme une option impérissable et fortement lucrative.
Si les exégètes et les érudits du secteur primaire de l’économie camerounaise affirment de façon péremptoire que le message du 10 février 2016, adressé par le Président de la République à l’endroit de la jeunesse camerounaise, rentre dans l’histoire comme l’un des plus pratiques et des plus pragmatiques, c’est parce que le discours présidentiel relève du paradigme du concret. Tenez, En bon parent, Paul Biya n’est pas passé par quatre chemins pour donner des conseils utiles aux jeunes qui se trompent de filières foisonnant de richesses : « Le développement de notre agriculture y tiendra une place de choix. Je vous engage à opérer une réelle révolution des mentalités à ce sujet. La terre ne trahit jamais. N’ayez pas peur de franchir le pas, soyez les entrepreneurs agricoles dont le Cameroun a besoin. C’est un métier noble et rémunérateur de ce qu’il est convenu d’appeler l’économie réelle. » 237online.com Qui de nous n’à point lu la fable du Laboureur et ses enfants ? Comme Jean de La Fontaine l’écrivit en 1668, Paul Biya qui est lui-même féru d’agriculture, parle aujourd’hui à notre jeunesse : « La terre ne trahit jamais. » Un trésor est caché dedans…
Dès lors, le massage présidentiel à la jeunesse se révèle effectif et efficace. Il diagnostique le mal qui étreint la problématique endémique du chômage et se préoccupe de porter sa prophylaxie aux jeunes qui se demandent très souvent comment faire pour cultiver la terre ? Comment faire pour identifier des sillons rentables de l’agriculture ? Comment faire pour trouver des financements adéquats pour monter des projets agricoles ? Tel est le chapelet d’interrogations égrenées par les jeunes. Pour y répondre, le Président Paul Biya met à la disposition des destinataires de son message une enveloppe globale de 102 milliards FCFA relevant d’un plan triennal « Spécial Jeunes », afin d’assurer, avec diligence, l’insertion économique des jeunes camerounais.
Désormais, à l’instar du Laboureur et ses enfants, le fonds manquera le moins… Encore que, précise, Paul Biya qui parle d’expérience : « Il ne s’agit pas d’attendre de pouvoir rassembler de gros moyens. C’est avant tout une affaire de volonté et d’engagement. Dans l’agriculture, il est souvent possible de faire beaucoup avec peu. » Quand bien même l’Etat doit jouer son rôle perspicace d’encadrement et de financements, le Président Paul Biya affirme que « de nombreux programmes existent au niveau du gouvernement pour soutenir le développement rural. Informez-vous sur ces programmes. Vous devez pouvoir en profiter. »

Un éventail de projets agricoles
Au risque d’énumérer les multiples projets dont le chef de l’Etat fait allusion dans son discours du 10 février 2016 (l’espace nous manquerait pour cette allitération), nous limiterons au plus expressif, à titre illustratif : le PACA (Projet d’Amélioration de la Compétitivité Agricole) dont l’objectif est d’accroître la compétitivité des Organisations de Producteurs (OP) bénéficiaires qui travaillent sur des filières spécifiques. Le PACA existe entre le Cameroun et la Banque Mondiale pour un montant global de 82 millions de dollars (dont IDA : 60 millions $ : 12,5 millions dollars US et Producteurs : 9,5 millions$), soit un peu plus de 40 milliards FCFA. Le projet émane du contexte de crise alimentaire planétaire, et le Banque mondiale a identifié et choisi le Cameroun pour servir de rampe d’amélioration des performances agricoles dans la sous-région. Quatre objectifs sous-tendent le PACA : contribuer à la lutte contre la pauvreté en milieu rural ; assurer la sécurité et l’autosuffisance alimentaires ; assurer l’intégration des productions nationales dans les échanges régionaux et internationaux; gérer de manière durable les ressources naturelles, base de la production alimentaire. Grâce au PACA, à ce jour, les résultats du projet appliqué dans 6 des 10 régions du Cameroun (Centre, Nord-Ouest, Extrême-Nord, Nord, Est, Ouest et Littoral) sont encourageants. Ce projet bipolaire a permis aux agriculteurs d’augmenter leur production de riz de 109 % (soit 5,7 tonnes/hectare contre un antérieur de 5,2 tonnes/hectare), et ceux de maïs une augmentation de production de 112% (2,8 tonnes/hectare contre un rendement initial de 2,5 tonnes/hectare). De même, la production des poulets de chair et d’œufs a plus que doublé, en faisant les bonnes affaires pour les jeunes et les GIC bénéficiant de l’aide du PACA.

Les bons plants de l’agriculture vivrière
Si la production de l’agriculture industrielle et d’exportation s’est améliorée de 2,9% après 6,9% en 2013 et occupe le primat des investissements aujourd’hui. Cette agriculture de rente concerne essentiellement les produits comme le cacao, le café, le caoutchouc, le coton, la banane et l’huile de palme, par exemple, les produits vivriers ont le vent en poupe au peloton des cultures lucratives. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2014, l’agriculture vivrière a enregistré une croissance de 4,2%. De multiples projets et programmes mettent l’accent sur l’encadrement des agriculteurs et la distribution du matériel végétal et des engrais afin d’accroître la production. Le Cameroun connait une expansion considérable de recettes pour ce qui concerne les produits maraichers comme la tomate, les oignons et le gingembre, les céréales se portent bien et se comportent magnifiquement bien sur les étals des marchés. La filière Maïs est aujourd’hui en hausse de 5,9% par rapport à 2013. 237online.com C’est un record encourageant, tout comme la forte mobilisation des jeunes et des GIC autour des bonnes performances du riz paddy dont la production a progressé de 5,9% pour atteindre 201 090 tonnes en 2014. Les racines te les tubercules ne sont pas en reste. Le manioc et le macabo grimpent à la tête des hits parades alimentaires les plus sollicités, sans pour autant reléguer la culture de la banane, des fruits et légumes au dernier rang. Les jeunes gagneraient à s’impliquer dans la culture des produits exotiques comme le piment et le poivron.
Comme on peut le voir et l’entrevoir, la diversité des filières agricoles est le gage de la prospérité économique du Cameroun. Le directeur général du FMI en visite à Yaoundé et Douala, en janvier 2016, l’a reconnu, la croissance économique du Cameroun est promue à un bel avenir grâce à la diversité de ses pôles de recettes fiscales et douanières, et grâce aussi à la mécanisation de son agriculture dite de seconde génération et à l’industrialisation en cours. D’où les encouragements constants du Président Paul Biya aux nombreux jeunes qui ont vite compris qu’un trésor est caché dans la terre : « Ils n’ont pas eu peur. Ils ont osé. C’est ce que je vous recommande depuis toujours. Ils ont su braver les insuffisances de notre pays encore en pleine construction. 237online.com Et ils ont obtenu de bons résultats dont nous pouvons tous être fiers. A moyen terme, le lancement du vaste programme d’industrialisation, dont j’ai évoqué les grandes lignes le 31 décembre dernier, devra générer d’importantes opportunités d’emplois.  Je viens de vous indiquer tout le bien que vous pouvez tirer du travail de la terre, de notre nouvelle industrialisation, et aussi de l’économie numérique. »

Romuald Olivier Téné, Ingénieur agronome et statisticien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *