Cameroun – Opération Epervier: Marafa est un prisonnier de droit commun

Issa Tchiroma a réaffirmé la position du gouvernement après l’avis du Groupe de travail de l’Onu sur la détention arbitraire.
Issa Tchiroma refuse de faire le mélange des genres. 237online.com Il refuse d’être dicté par l’actualité chaude, préférant d’abord ignorer le rapport d’Amnesty International sur les abus de la lutte contre Boko Haram au Cameroun. Alors qu’on l’attendait sur ce sujet, vendredi dernier, 15 juillet 2016, le ministre de la Communication a plutôt donné sa conférence de presse sur l’Avis rendu public le 2 juin dernier par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Cette instance qualifie « d’arbitraire » la détention de Marafa Hamidou Yaya, condamné pour détournement de fonds dans le cadre de l’achat d’un avion présidentiel (Bbj2) à l’époque où il occupait les fonctions de secrétaire général de la présidence de la République. Le groupe de travail demande aussi la libération de Marafa afin qu’il ait droit à un procès équitable le cas échéant. A ces exigences, le porte-parole du gouvernement donne une réponse aux allures de nouvelle sentence : « M. Marafa est un prisonnier de droit commun et rien d’autre que cela. La justice camerounaise qui l’a reconnu coupable des faits de détournements de deniers publics pour lesquels il était poursuivi, et qui l’a condamné de ce fait à 20 ans de réclusion, l’a fait en toute indépendance, conformément à la Constitution ». Voilà rapportée la conclusion d’un argumentaire en deux axes. D’une part, Issa Tchiroma relativise le pouvoir du Groupe de travail de l’Onu sur la détention arbitraire. D’autre part, le ministre de la Communication s’évertue à ressortir les limites du raisonnement de cette instance. D’abord il faut minimiser la portée de l’avis émis par le Groupe de travail. Celui-ci n’existe qu’au sein de la Commission des droits de l’Homme de l’Onu. Par ailleurs, ses avis ne sont en rien contraignants, car il « n’est pas un organe conventionnel, c’est-à-dire une instance internationale établie par un traité, et dont la compositraire alors que le détenu a été jugé de manière définitive par une juridiction nationale et conforme à la législation nationale. La seule bonne note accordée par Issa Tchiroma Bakary c’est d’apprécier le fait que le groupe de travail s’est déclaré incapable, sur la base des éléments à lui fournis, de se prononcer sur le caractère politique des poursuites engagées contre Marafa. Ce dernier s’étant toujours présenté comme victime de ses ambitions présidentielles au Cameroun. Mais Issa Tchiroma revient à la charge pour dénoncer la demande de libération du l’ex-Sg/pr. Le groupe de travail de l’Onu est accusé de n’avoir pas pris en compte des explications fournies par le gouvernement du Cameroun. Tout ceci pour dire que Marafa est coupable aux yeux de la justice camerounaise et que seul le président Biya pourra, s’il veut, lui accorder la grâce. En effet c’est dans l’air du temps.

Assongmo Necdem

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *