Cameroun – Opération épervier: Les curiosités des affaires Abah Abah :: Cameroon

Abah Abah

L’ex-Minefi reste poursuivi dans le cadre de deux dossiers distincts: Crédit foncier et Lydienne Eyoum.Six années après son interpellation du 30 mars 2008, Polycarpe Abah Abah n’a toujours pas été fixé judiciairement relativement aux deux affaires pour lesquelles il a été renvoyé devant la juridiction de jugement. Rendu à ce jour, les dossiers de l’ex-Minefi ont été transférés par la Cour suprême, «ils étaient pendants, à la compétence du Tribunal criminel spécial (Tcs). Il s’agit de l’affaire Ministère public et Etat du Cameroun (Crédit foncier) contre Abah Abah, joseph Edou et autres, accusés de détournement de deniers publics en coaction. L’autre dossier qui implique l’ancien Ministre est l’affaire Ministère public et Etat du Cameroun contre Lydienne Eyoum, Abah Abah et autres, accusés de détournement de deniers publics.

Une affaire de cotisations non reversées

Dans l’affaire qui l’oppose au Crédit foncier, Abah Abah doit répondre des faits qui remontent à la période 1999 à 2004 à l’époque où il officiait comme directeur des Impôts.

C’est au petit matin du 30 mars 2008 que tout s’emballe. Les éléments du Gso interpellent Polycarpe Abah Abah à son domicile à Yaoundé. L’ex-Minfi est aussitôt conduit dans les locaux de la Direction de la Police judiciaire à Elig Essono. Sans recevoir notification des faits mis à sa charge, il est déféré au parquet le 10 avril 2008 et présenté au juge d’instruction, en violation des délais de garde à vue autorisés. C’est alors qu’Abah Abah est notifié des faits qui lui sont reprochés. Il s’agit d’un rapport d’expertise fait au Crédit foncier du Cameroun (Cfc) et qui laissait transparaître que l’Etat du Cameroun n’avait pas reversé à cette institution un montant diversement évalué entre 2 et 6 milliards de FCFA environ. L’ex-minefi doit s’expliquer en réalité sur le supposé non versement par l’Etat, pour le compte du Cfc, des sommes recouvrées auprès des contribuables.

Un pan de voile sera d’ailleurs levé relativement à ce non reversement dans le rapport d’expertise du 06 février 2009 présenté au juge d’instruction. Le document, accablant pour l’accusation, établissait clairement que les sommes recouvrées en faveur du Crédit foncier du Cameroun ont été bloquées sur ordre du Midi dans un compte ouvert la Bicec. Ces fonds auraient été transférés au Trésor public suivant une décision du Premier Ministre ordonnant la clôture des comptes des administrations publiques dans les banques commerciales et le reversement des fonds au Trésor. En tout état de cause, l’expertise n’établissait pas que ces fonds aient pu être détournés, ni utilisés par Abah Abah.

D’expertise en contre-expertise, le juge Batoum clôt une information judiciaire marathon le 23 septembre 2009 et renvoie Polycarpe Abah Abah devant le Tgi du Mfoundi pour répondre du détournement de 2,159 milliards de FCFA, présentés comme la dette de l’Etat vis-à-vis du Crédit foncier du Cameroun. Mais le 30 septembre 2009, le parquet interjette appel contre l’ordonnance de renvoi au motif que la somme détournée a été minorée. La cour d’appel rend finalement son arrêt de renvoi le 2 février 2010 et fixe à 4,9 milliards de FCFA le montant détourné. C’est sur la base de cet Arrêt de renvoi que le Tgi du Mfoundi sera définitivement saisi pour ouvrir les débats le 04 mai 2010.

Après environ 24 mois d’instruction, l’ex-Minfi et ses coaccusés doivent répondre des faits de détournement de deniers publics en coaction de l’ordre de 4,9 milliards de FCFA. Polycarpe Abah Abah, en sa qualité d’ex-Directeur des impôts, Pascal Manga, ex-chargé d’études’ à la Direction des impôts, Thérèse Eloumba, ex-comptable à la Crtv, Joseph Edou, ex-Dg du Crédit foncier du Cameroun, Melee Raphaël, ex-sous-directeur des opérations bancaires au Cfc et Etogo Mbezele, ex-trésorier payeur général se présentent devant la barre du Tgi du Mfoundi. Les débats qui s’ouvrent devant le Tgi se referment aussitôt après que la défense a interjeté appel contre le jugement Add rejetant les exceptions de la défense. C’était le 9 juillet 2010. Saisie en appel, la Cour d’appel du Centre annule quatre des chefs d’inculpation retenues contre Abah Abah par Arrêt rendu le 08 novembre 2011. Trois pourvois en cassation – dont celui de la défense – sont aussitôt formés contre ledit Arrêt.

C’est le 29 octobre 2013 que la Cour suprême finit par se prononcer sur les trois pourvois qui essuient tous un rejet. L’auguste juridiction qui prend acte du désistement d’Abah Abah relative¬ment a son pourvoi, renvoie les parties devant le Tcs pour jugement au fond.

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