Cameroun : Nourane Foster défie l’establishment

Nourane Foster

Dans un geste audacieux qui secoue l’échiquier politique camerounais, l’honorable Nourane Foster vient de lancer un pavé dans la mare. Face au projet de loi visant à prolonger le mandat des députés et conseillers municipaux jusqu’en 2026, la jeune parlementaire a choisi de faire entendre une voix dissidente. Cette prise de position courageuse, révélée en exclusivité par 237online.com, soulève des questions cruciales sur l’avenir de la démocratie au Cameroun.

Le projet de loi qui divise la classe politique

Le secrétaire général de la présidence a récemment déposé le projet de loi N*2061/PJL/AN, visant à proroger le mandat des élus jusqu’en mars 2026. Cette manœuvre, qui n’est pas sans précédent dans l’histoire politique du pays, suscite néanmoins de vives réactions.

Nourane Foster : la voix de la jeunesse qui s’élève

Députée du PCRN, Nourane Foster incarne une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques. Sa décision de voter contre ce projet de loi résonne comme un cri du cœur : « Après 4 ans déjà passés au parlement, j’ai le sentiment d’avoir tout donné, j’en ai payé le prix de mes ambitions, il n’y a pas 1 cm de mon corps sans cicatrices. »

Les dessous d’une pratique controversée

Cette prolongation de mandat n’est pas une nouveauté au Cameroun. Comme le rappelle Foster, « les députés de la 9e législature ont fait 7 ans au lieu de 5 ans et ont vu leur mandat prorogé deux fois de suite. » Une pratique qui soulève des questions sur la vitalité démocratique du pays.

Un système politique à bout de souffle ?

La députée n’y va pas par quatre chemins pour décrire l’atmosphère politique au Cameroun : « Faire la politique au Cameroun dans cet environnement, c’est presque se transformer en Martyr. Les attaques sont personnelles, les tirs sont orientés en bas de la ceinture, les complots et les trahisons font partie de ton quotidien. »

Le poids de la majorité écrasante

Foster pointe du doigt les limites du système actuel : « L’écrasante majorité au parlement dicte la Loi. D’ailleurs, la Démocratie est simplement la dictature de la majorité. » Une réflexion qui invite à repenser les mécanismes de notre démocratie.

Un appel à renouveler la classe politique

En votant non, Nourane Foster lance un appel clair : « Je crois qu’il faut redistribuer les cartes politiques et permettre en 2025 aux Camerounais d’élire de nouveaux Députés et de nouveaux Maires. » Une position qui pourrait trouver un écho favorable auprès d’une population en quête de changement.

Le combat d’une voix isolée

Consciente que son vote « sur 175 autres ne représentera rien », Foster choisit néanmoins de rester fidèle à ses convictions. Un acte de courage politique qui pourrait inspirer d’autres élus à suivre son exemple.

Cette prise de position courageuse de Nourane Foster pourrait-elle être l’étincelle qui embrasera un mouvement plus large de renouveau politique au Cameroun ? Ou restera-t-elle une voix isolée dans un système bien rodé ?

Par Émilie Nguembou pour 237online.com

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