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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Politique

Cameroun – Ngarbuh: Le Sdf exige des comptes au Gouvernement

Sous la plume de son 1er vice-président, Joshua Osih, cette formation politique interroge l’option militaire gouvernementale en zone anglophone au lendemain de la publication du rapport d’enquête sur le massacre de Ngarbuh La boucherie humaine survenue le 14 février 2020 à Ngarbuh dans la région du Nord-Ouest ne cesse de faire couler encre et salive.

On se souvient qu’après cet incident, le président de la République avait mis sur pied une commission d’enquête afin d’apporter toute la lumière sur cet évènement malheureux et d’établir la chaîne de responsabilités. Après avoir fouillé, bêché, fouiné et interrogé des témoins, cette commission a livré un rapport dont des extraits ont été publiés dans un communiqué de presse signé du ministre d’Etat secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Dans la foulée de cette sortie du Sg/Pr, le social democratic front (Sdf), par l’entremise de son premier vice-président, le député Joshua Osih, dit avoir pris acte du rapport de la commission d’enquête sur les massacres de Ngarbuh.

Toutes choses étant égales par ailleurs, ce rapport établit l’implication de certains éléments de nos forces de défense et de sécurité. Pour le Sdf ce rapport d’enquête permet de noter «des dysfonctionnements majeurs enregistrés au cours de la funeste opération notamment au sein du commandement militaire». Toutes choses qui questionnent la qualité des enquêtes de moralité qui devraient logiquement précéder les recrutements au sein de nos forces de défense et de sécurité ainsi que leur formation. Bien plus, le document du Sg/Pr interroge également les véritables missions qui sont assignées aux forces de défense lors des différentes opérations dans les deux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, en proie à de vives tensions sécuritaires, depuis octobre 2016.

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Dérives

Joshua Osih ne met pas de gants quand il affirme que «l’enquête gouvernementale a débouché sur une évolution vers toute la vérité. Notamment sur le nombre de morts. Le gouvernement compte aujourd’hui 13 morts civils et 5 parmi les séparatistes». Le Sdf note que pour le gouvernement de la République, «n’est pas tout à fait un acte isolé de quelques militaires qui se sont écartés des protocoles d’intervention et dont les actions de ce fait ont provoqué la mort de quelques civils. Ces hommes de rang ainsi que le chef d’escadron incriminés ont, par des faux rapports, induit le gouvernement en erreur.

Ce qui revient tacitement à dire que le gouvernement a donc par erreur communiqué en février sur cette “bavure” dont les responsables seront sanctionnés». Ce qui est loin d’être un cas isolé eu égard aux nombreuses dérives enregistrées précédemment. En outre, le parti Ni John Fru Ndi observe que des bandes armées séparatistes et d’autres groupes armés s’opposent aux forces armées dans les deux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. C’est pourquoi, les opérations dites de sécurisation de l’armée, qui visent à neutraliser les séparatistes armés deviennent difficiles. Impossible dans ces conditions de mener une guerre propre, à savoir ne s’en prendre qu’aux hommes armés. Ce d’autant que l’armée utilise des «groupes d’auto-défense » qui, dans le contexte de la lutte contre Boko Haram ou les incursions des groupes armés à l’Est ont tout leur sens. Ce qui ne saurait être le cas dans le contexte de la guerre civile dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest où on observe que ces groupes sont, soit des bandes de pilleurs et kidnappeurs à main armée, soit des milices à la solde de certains pontes du régime et pire encore, parfois des milices tribales.

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Justice militaire

De fil en aiguille, impossible de rétablir l’ordre républicain en sous-traitant le rôle régalien des forces de défense et de sécurité. Bien entendu, le modus operandi de cette opération funeste est identique à de nombreuses autres opérations toutes aussi scandaleuses et dont certaines vidéos montrent des civils et des éléments des bandes armés tués et les habitations tout autour des victimes brulées par la suite. Ce n’est donc pas un cas isolé. Après avoir salué le travail de cette commission mise sur pied par le chef de l’Etat, le Sdf invite la Justice militaire à assumer ses responsabilités pour permettre la manifestation de la vérité dans cette affaire. Notamment que les donneurs d’ordre soient identifiés et punis conformément à la loi en vigueur.

Le Sdf estime que le gouvernement devrait saisir cette occasion pour apporter des réponses factuelles sur, manifestement, beaucoup d’autres crimes, assassinats ou massacres perpétrés depuis le déclenchement de la crise dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. «Ces scandales doivent être élucidés. Les Camerounais ont le droit de connaitre les auteurs et les commanditaires de tous les drames horribles et collectifs qui ont endeuillé plusieurs familles et le pays tout entier depuis le déclenchement de cette crise dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest». Last but not least, le Sdf interroge aussi l’opportunité et de la pertinence de l’option militaire prise à ce jour dans le Noso. Il est plus qu’évident que les conclusions du Grand dialogue national doivent être mises en place pour provoquer une détente et la fin d’un conflit politique mué en guerre civile.

ALAIN NJIPOU

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