Cameroun – Nécrologie: Bangou pleure son édile





La triste nouvelle du décès de Rosette Mboutchouang a été officiellement annoncée le 02 octobre, par un communiqué du Cabinet civil de la présidence de la République. Nanga-Eboko se prépare pour les obsèques. [pagebreak]La communauté Nanga dans le département de la Haute-Sanaga, région du Centre, est en deuil. Elle vient de perdre une de ses dignes filles, Mme Mboutchouang née Rosette Ndongo Bengolo, mère de la première Dame. Les populations de l’Est, elles aussi, portent ce deuil. La mère de Chantal Biya était considéré comme fille adoptive du soleil levant. Dimako, son deuxième village. Elle a été arrachée à la vie, jeudi dernier en Afrique du Sud, des suites de maladie. Il faut relever que quelques jours avant l’annonce de son décès, certaines sources soutenaient déjà que son état de santé était suffisamment critique.

Bangou éplorée. Maire de Bangou dans la région de l’ouest depuis 2007, en tirant sa révérence, celle qu’on présentait comme une dame pleine de dignité, et qui par ailleurs faisait l’unanimité quant à sa générosité légendaire, son pragmatisme et surtout sa loyauté vis-à-vis des institutions républicaines, laisse une communauté sans voix. Rosette Mboutchouang ne ménageait aucun effort pour trouver des voies et moyens pour améliorer les conditions de vie des populations et partant, développer le coin. La preuve, au cours de son premier mandat (2007-2013), elle a mobilisé près de 15 milliards de Fcfa pour l’aménagement des infrastructures de base dont, les routes, l’hydraulique, l’électrification rurale, la santé, l’éducation… Le bitumage de l’axe Bangou carrefour-Bangou ville-Badenkop, la construction et l’équipement de la morgue de la localité et l’aménagement des pistes rurales, sont des exemples saisissants des multiples actions de la «Reine de beauté» de la Région de l’Est en 1967.
Pour ce faire, la mère de Chantal Biya a su mettre à contribution des opportunités de partenariats qu’offre la coopération décentralisée à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Dans cette logique, au moment où elle décède, l’édile laisse Bangou (qui comprend 12.000 âmes environ) en jumelage avec la ville de Gap (dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur) en France. L’un des rares exemples de communes du pays dans le domaine de coopération internationale décentralisée. Bien plus, de son vivant, la belle-mère du chef de l’Etat a sans cesse œuvré pour la promotion des ressortissants de la Région de l’Ouest en général et du département des Hauts-Plateaux en particulier à des fonctions prestigieuses de l’administration.
Jadis fief de prédilection des batailles politiciennes fratricides et stériles, Bangou est devenue, depuis l’arrivée à la tête de l’exécutif communal de cette dame de cœur, un cadre privilégié d’expression de la nouvelle dynamique politique dans les Grassfields. Les populations de Bangou sont unanimes et reconnaissent que c’est du fait de l’aura princière de Rosette Ndongo Bengolo que la ville est montée d’un cran en célébrité ces six dernières années. «Mme Rosette Mboutchouang était une figure adoptée, adorée, adulée et célébrée par toutes les filles et tous les fils de la ville de Bangou. Bref, elle était tout pour nous», affirme en pleurant à chaudes larmes, un notable du coin. Affligée par la nouvelle tombée jeudi dernier, Mme Marguerite Anne Kontchou inconsolable déclare : «La maire Rosette Mboutchouang est une grande perte pour notre communauté. Car, c’est au moment où nous avions encore besoin d’elle, notamment pour l’encadrement de nos enfants et l’amélioration de notre cadre de vie, qu’elle nous quitte. Que la terre de nos aïeux lui soit légère».
En attendant que le programme des obsèques soit rendu public, tout laisse à croire que la maire de Bangou sera enterrée dans sa Haute-Sanaga natale.

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