A l’initiative de l’Association des journalistes sportifs du Cameroun (Ajsc) et soutenu par le ministère des sports et de l’éducation physique, un séminaire de renforcement de capacités à l’intention des professionnels de la plume et du micro a démarré hier mercredi 14 mai 2014 à Yaoundé.[pagebreak]Peter Essoka n’a pas oublié une seule bribe de cette palpitante coupe d’Afrique des nations de 1970. Hôte de l’Ajsc pour ces trois jours de conclave, le vice président du Conseil national de la communication (Cnc) raconte avec une certaine frénésie cette compétition qu’il a eu l’insigne honneur de couvrir en tant que reporter de la Cameroon television. En 1970, se souvient-il, quand la Can s’est disputé à Medani, « je n’étais alors qu’un jeune reporter débordant de fougue et d’envie ». L’homme qui est devenu la voix anglaise du président de la République, se rappelle encore aujourd’hui des quatre équipes qui avaient constitué le groupe A, la fameuse poule du Cameroun avec comme adversaires la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie et le Soudan. Le Congo-Kinshasa était le tenant du titre mais « ce sont l’Egypte et le Ghana qui se qualifieront pour les demi-finales en terminant respectivement 1er et 2e du groupe B », relate ce brillant aîné qui souligne au passage que pour cette campagne, il n’avait reçu pour frais de mission que 25 000 Fcfa des mains de Mbombo Njoya, le ministre de la jeunesse et des sports de l’époque.
« Dans mes poches j’avais en tout et pour tout, 2000 Fcfa. Mais, cela ne m’a pas empêché de bien faire mon travail », explique-t-il. Le Cameroun qu’on redoutait était tombé devant le pays organisateur (2-1). Un match que l’homme n’est pas prêt d’oublier. Tout comme toutes les autres rencontres qu’il a couvertes avec passion et dévouement. Des histoires comme celles de Peter Essoka, les journalistes sportifs en ont écoutées des dizaines hier à l’ouverture du séminaire organisé par le Minsep à l’intention de ces hommes et femmes qui se préparent à couvrir dans 28 jours, la Coupe du monde de football au Brésil et quelques mois plus tard, les championnats du monde de volley-ball (dames et messieurs) en Italie et en Pologne. Les travaux qui vont durer trois jours arrivent fort à propos puisque des échanges, ces hommes de médias seront mieux outillés pour couvrir de façon optimale ces compétitions d’envergure où le pays sera représenté.
Mobilisation
Ledit séminaire, comme l’explique Emmanuel Gustave Samnick, président de l’Ajsc, vise des objectifs tour à tour, de « recadrage technique et stratégique des acteurs, mais aussi, de mobilisation dans une perspective de responsabilité sociale de tous les acteurs autour de l’unique objectif qui compte : le rayonnement du Cameroun ». C’est d’ailleurs dans ce sillage qu’il faut inscrire la communication du Pr Paul Célestin Ndembiyembe Bakoumé intitulé « propos sur les valeurs de l’information et l’image de marque du Cameroun ». L’enseignant à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) en rappelant les fondamentaux du reporter sportif, a précisé à ses interlocuteurs qu’il faut avant toute chose être « bien cultivé, parfaitement renseigné sur la compétition et les acteurs et surtout avoir un carnet d’adresses, outil capital d’un bon journaliste ».
Ndembiyembe a également souligné qu’en bon patriote, on devrait éviter de jeter en pâture notre sélection nationale au motif de la recherche du scoop ou de l’exclusivité. Ramant ainsi vers le thème retenu pour ce séminaire : « diplomatie sportive et image de marque du Cameroun dans la perspective de l’émergence : le rôle du journaliste ». Les travaux en atelier démarrent ce jour et s’achèvent demain





