Politique

Cameroun : Mgr Kleda, le régime Biya et la mal-gouvernance

Dans sa lettre pastorale adressée aux fidèles à l’occasion du carême 2022, l’archevêque métropolitain de Douala dénonce la corruption, la mal gouvernance et l’appropriation des ressources de la nation par une poignée de personnes, dans une impunité totale.

Comment expliquer que le Cameroun, en dépit de l’immensité de ses ressources tant humaines que naturelles, soit toujours confronté à une grogne sociale comme celle initiée depuis le 21 février par le personnel des établissements d’enseignement secondaire public ? L’archevêque métropolitain de Douala, Mgr Samuel Kléda, a une réponse à cette question. Dans une lettre pastorale de 13 pages adressée aux ouvriers apostoliques, aux religieux, religieuses et fidèles de son diocèse, ainsi qu’aux autorités publiques à l’occasion du Carême, le prélat camerounais pointe du doigt la corruption sous toutes ses coutures. « En effet, notre pays est roué de coups, dépouillé de ses biens, de sa dignité, de son honneur, de ses ressources humaines et naturelles, et comme en agonie, à cause de la mal-gouvernance organisée par ses propres fils et filles », plante-t-il le décor, comparant le Cameroun de l’heure à ce personnage biblique qui, pendant sa descente de Jéricho, en Israël, tomba entre les mains des bandits qui le dépouillèrent et le laissèrent à demi-mort au bord du chemin.

Les « bandits » dans ce contexte, ce sont les dirigeants actuels, coupables ou complices de la spoliation des ressources de la nation au profit de leurs seuls clans ou des réseaux auxquels ils appartiennent. Seuls les préoccupent leurs intérêts. Le sens du bien commun est un vain mot. Dans les faits, la mal-gouvernance décriée par l’archevêque de Douala se traduit par la corruption. Aucun secteur d’activité n’en est épargné. Les recrutements au sein de l’administration ne reposent guère sur le mérite et la compétence. Outre la lenteur administrative, le travail mal fait, négligé ou tout simplement bâclé, « Il y a comme une exaltation de la culture de l’intérêt et du gain facile au détriment du travail honnête et bien fait ; une sorte de légalisation et de justification du vol et du gaspillage dans les services publics par la recherche effrénée de l’argent, l’enrichissement illicite et rapide », écrit l’homme de Dieu.

Synthèse par Théodore Tchopa / 237online.com

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