Cameroun: Maurice KAMTO refuse une audience à huis-clos

Maurice Kamto, Président du MRC

Les leaders du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun étaient hier à la Cour d’appel pour une audience d’habeas corpus.

Malgré la présence de nombreux policiers et gendarmes lourdement armés, l’esplanade de la Cour d’appel du Centre est noire de monde ce 2 avril 2019. Les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), d’autres sympathisants que dirige depuis 2012 Maurice Kamto, sont venus nombreux assister à l’audience prévue ce jour. Hommes et femmes scandent des chansons et des slogans, signe du soutien au président du Mrc et ses coaccusés que sont: Alain Fogue, Albert Dzongang, Penda Ekoka, Valsero, Paul Eric Kingue et Célestin Djamen.

Ces leaders détenus à la prison principale de Kondengui depuis février dernier sont venus assister à une audience d’habeas corpus. Leurs avocats ont fait appel suite à la décision donnée le 7 mars dernier par le tribunal de grande instance du Mfoundi, qui a rejeté la demande d’habeas corpus formulée par le collectif d’avocats de la défense. Ces leaders du Mrc ont été inculpés par le tribunal militaire pour des faits d’hostilité contre la patrie, rébellion, attroupement, trouble à l’ordre public, d’incitation à l’insurrection.

Hier aux environs de 10h Maurice Kamto a été convoqué dans le bureau d’un juge de la Cour d’Appel. Quelques secondes après, il est ressorti. Approché pour savoir les raisons de cette sortie précipitée du leader du Mrc, l’un de ses avocats a affirmé : « Maurice Kamto refuse d’être jugé en catimini parce que la justice se rend en public. Une audience d’habeas corpus est également publique, il n’est pas normal qu’on convoque un accusé dans le bureau d’un juge et qu’il soit auditionné sans que le public ne sache ce qu’on lui reproche ».

Selon l’avocat, chacun des leaders du Mrc accusé dans le cadre des marches pacifiques organisées le 26 janvier dernier était appelé à son tour dans le bureau du juge. D‘ailleurs l’avocat fait savoir que chaque leader est arrivé au tribunal à son tour. La réaction de Maurice Kamto a été saluée par ses conseils. Me Emmanuel Simh affirme : « Les avocats ont quitté l’audience pour ne pas assister en spectateurs à cette mascarade judicaire qui se déroulait.

Le procureur a parlé seul devant son juge. L’affaire sera en délibéré le 9 avril prochain. Le juge et le procureur général on dit qu’ils rejettent la demande d’habeas corpus formulée par la défense et qu’ils confirment la décision rendue par le tribunal de grande instance du Mfoundi. Je peux vous dire que les autres leaders vont procéder de la même manière. Nos clients ont été arrêtés en public il faut qu’ils soient jugés en public.» Le 26 mars dernier, les accusés et leurs conseils faisaient déjà savoir qu’ils ne voulaient pas être jugés à huis clos.

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