Le journaliste sportif, qui a déjà purgé sa peine, a été reconnu coupable de complicité de publication obscène et de complicité d’atteinte à la dignité de la vie privée, hier, au Tpi de Douala-Bonanjo.
Il ne retournera pas en prison, Martin Fleur Mimb Hiol, dit Martin Camus Mimb. Ainsi en a décidé le tribunal de première instance (Tpi) de Douala-Bonanjo, hier, jeudi, 03 février 2022. Le tribunal statuait dans l’affaire opposant l’ancien directeur de Radio Sport Info (Rsi) et Wilfried Etéki Otabela à Michelle Malicka Bayemi Sango. Une affaire de mœurs dans laquelle l’homme de média et son coaccusé étaient poursuivis pour diffamation, déclaration mensongère, cybercriminalité, atteinte à la dignité de la vie privée, proxénétisme, publication obscène, etc. Le tribunal a rendu sa décision en l’absence du journaliste, finalement condamné à quatre mois de prison ferme, après avoir été reconnu coupable de complicité de publication obscène et de complicité d’atteinte à la dignité de la vie privée. Une peine que Martin Mimb a déjà purgée, puisqu’il a été placé en liberté provisoire il y a quelques semaines, après plus de cinq mois de détention provisoire à la prison centrale de New-Bell.
Wilfried Etéki, quant à lui, a été condamné à neuf mois de prison. Il devra encore rester derrière les barreaux pendant un mois. Lui qui en a déjà purgé huit. Il a été reconnu coupable de publication obscène et d’atteinte à la dignité de la vie privée. Un délit qui est puni par le nouveau code de procédure pénale camerounais et par la loi camerounaise du 21 décembre 2010 sur la cybercriminalité. Par ailleurs, le tribunal a ordonné la restitution des trois téléphones saisis chez les prévenus, dont deux appartenant à Martin Mimb. Les deux prévenus ont été acquittés des faits de proxénétisme, diffamation et fausses nouvelles, pour faits non établis, d’après la collégialité présidée par la juge Nathalie Adjui. Martin Camus Mimb et Wilfrid Etéki Otabela devront payer à Malicka Bayemi, solidairement, la somme de 20 300 000 Fcfa, assortis des frais de justice évalués à 500 000 Fcfa chacun. Un montant largement en-deçà des prétentions de la partie civile, qui avait sollicité la somme de 350 300 000F CFA en guise de dommages et intérêts.
Une décision qui, même si elle ne répond pas totalement aux attentes de la partie civile, ne la satisfait pas moins sur le principe. « Le challenge que nous nous sommes donné, celui d’amener les gens à être conscients, ce challenge a été constaté par le tribunal. Donc c’est un verdict qui, de notre point de vue, nous satisfait sur la base du principe. On ne peut pas dire que l’affaire est terminée, parce que nous sommes des combattants permanents. Il est possible que, après un entretien avec dame Malicka, nous puissions nous réajuster. Mais je vous indique que sur le principe nous avons présenté des moyens de défense qui ont convaincu le tribunal. Il y a des raisons d’être satisfaits sur le principe (…) Vous savez, il n’y a pas de montant qui puisse réparer un préjudice tel que celui que Malicka a subi. Ça aurait été un milliard, ce ne serait jamais suffisant. Vous comprenez que les 20 millions ne sont pas suffisants, mais c’est la justice qui a décidé. Dès lors que le juge a s’est prononcé, vous vous en contentez », a déclaré maître Guy Olivier Moteng, membre du Collectif constitué pour la défense de Malicka.
L’affaire
Pour rappel, l’affaire Malicka Sango Bayémi est une histoire d’ébats sexuels filmés dans un bureau et mis sur les réseaux sociaux. Deux procédures avaient été engagées, séparément, par la victime Malicka Bayémi et le ministère public. Celui-ci avait initié une procédure en flagrant délit en marge de la citation directe déposée le 24 juin 2021 au Tpi de Douala-Bonanjo par la jeune femme, qui se dit victime de « publications obscènes, fausses nouvelles, proxénétisme et diffamation » Le 17 janvier dernier, le tribunal avait rendu deux décisions en faveur de la partie civile, la première refusant d’accorder la liberté provisoire à Wilfried Etéki, la seconde favorable à la demande de jonction des procédures introduite par l’accusation. Une jonction à laquelle s’opposait alors les avocats de la défense, au premier rang desquels maître Alice Nkom. Les débats ayant été clos hier, les réquisitions du ministère public sont attendues le 10 février prochain. Elles seront précédées par les plaidoiries de la défense, au cours desquelles elle va formuler la demande de dommages et intérêts pour le préjudice subi.




