Cameroun – Maroua: 14 membres de Boko Haram condamnés





Une sentence sans appel. Les peines infligées aux accusés par Thomas Barnabé, vice president du Tmm et Didier Sipa, commissaire du gouvernement près le Tmm, sont comprises entre 10 et 20 ans de prison ferme.[pagebreak] 22 accusés au départ, les condamnés ont immédiatement été transférés dans leurs geôles. Premier du genre, ce procès tenu sous haute sécurité au tribunal militaire de Maroua apparaît comme le premier épisode dune longue série. Celle du sort réservé aux membres présumés de la secte islamiste Boko Haram. « Il a fallu 10h de procès pour en arriver à cette condamnation qui devrait donner matière à réflexion aux populations qui seraient tentées de rouler pour Boko Haram », a prévenu une autorité de l’Extrême-Nord joint par téléphone.
La même source s’est voulue précise sur les charges et autres chefs d’accusation. Ce sont au total 5 dossiers impliquant 22 individus enrôlés dont 14 accusés, interpellés lors de la découverte d’une importante cache d’armes en mars dernier à Goulfé. Il leur est reproché plusieurs faits dont la détention illégale d’armes de guerre, des munitions et effets militaires, vols à main armée, port d’armes à feu, insurrection, etc. Ironie du fait, les accusés ont publiquement confessé à l’unanimité leur appartenance à la secte islamiste à l’origine de la terreur de ces derniers mois à l’Extrême-Nord. Une situation qui remet au goût du jour les implications locales et autres complicités tant dénoncées par le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguie Djibril. A la faveur d’un point de presse qu’il a donné récemment dans ses services, le gouverneur Midjiyawa Bakari entonnait le même refrain, précisant que l’armée camerounaise n’a pas de répit à la frontière avec le Nigeria.

Riposte et dissuasion
La condamnation sans appel des adeptes de Boko Haram procède de l’actualité de ces dernières semaines. Actualité marquée par des attaques répétées des islamistes en l’encontre des positions camerounaises. Le 18 juillet dernier, le gardien de la paix Séraphin Messi trouvait la mort le 18 juillet suite à une attaque de jihadjistes armés. L’inspecteur de police Serge Ombe s’en est tiré grièvement blessé. Ce jour-là, alors que les musulmans venaient de fermer boutique, une bande armée a fait irruption dans la ville frontalière d’Amchide. Tous armés et à bord de motos, ils ont ouvert le feu sur un poste de police camerounais à Nariki. Les assaillants ont également pillé les commerces. Avant l’attaque du poste de police dans la zone frontalière, il y a eu l’attaque du poste de police de Bonderi dans le Mayo Sava et la brigade de Zina dans le Logone et Chari. « A chaque attaque l’armée camerounaise s’est montrée sans pitié. La riposte que nous déployons est incisive. Et avec la condamnation des membres que nous interpellons sur le terrain, la dissuasion va s’intensifier en même temps que la traque », assure un haut gradé de l’armée en poste dans le Nord. La meute de déplacés nigérians qui continue d’affluer sur le sol camerounais fait également l’objet d’une importante traque en ce moment.

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