Cameroun – Malversations financières: une mission du Consupe annoncée à la mairie d’Akono

Le chef de l’exécutif municipal de cette Commune est sous le coup d’accusations graves au sujet de la gestion du compte administratif. Depuis mardi dernier, apprend-on, les conseillers municipaux ont saisi le Contrôle supérieur de l’État (Consupe) pour y effectuer une descente.
Les jours de Mme Marie Hélène Ngoa sont-ils comptés ? Nul ne peut répondre avec exactitude à cette question. Ce qui est constant, c’est que la maire de cette belle cité, dans la Mefou et Akono, cristallise des soupçons depuis que le compte administratif 2014 du premier magistrat de cette ville a été carrément rejeté par les conseillers, lors de la session ordinaire du conseil municipal tenu le 26 juin dernier. Selon des sources croisées, celle qui a succédé à Jean William Sollo -un autre pilleur que les populations avaient chassé- est soupçonnée d’avoir participé à de graves écarts entre les encaissements des comptes administratifs et ceux de comptes de gestion, ceci en violation fragrante de la législation comptable en vigueur. Nos sources évoquent à cet effet d’importances incohérences et irrégularités importantes, chiffrées à des dizaines de millions de francs, qui auront provoqué des cris d’orfraie chez l’ensemble des conseillers municipaux qui ont fini par saisir, en début de semaine, le Consupe pour une enquête approfondie.
Dans les détails, les hurlements des conseillers ont porté sur des comptes dont Mme Marie-Hélène Ngoa n’a pas fait preuve de science et de bon sens. On en veut pour preuve, le compte intitulé «réserves affectées pour le fonctionnement», où l’écart se chiffre à 36 350 000 Fcfa. Idem pour les comptes «autres subventions reçues», «transferts reçus de l’Etat» et «transfert reçus dans le cadre de la coopération décentralisé», où leurs écarts affichent les montants 10 149 000 Fcfa, 321 694 Fcfa et 4 195 000 Fcfa respectivement. Quant au compte intitulé «construction voies et réseaux», l’écart à justifier est de l’ordre de 12 900 695 Fcfa. Tout comme ceux respectivement libellés «autres immobilisations corporelles » (700 000 Fcfa) et «honoraires versées» (2 589 215 Fcfa) qui ont finalement dressé les cheveux des élus d’Akono. Et ce n’est pas tout. Le président de la commission des finances est resté ébaubi en ce qui concerne le compte «aménagement jardins et places publiques» (221-120), au regard des paiements du receveur qui se sont avérés supérieurs aux engagements du maire, avec un écart de 8 223 210 Fcfa.
Dos au mur, rapporte-t-on, Mme le maire va s’éclipser discrètement de la salle de délibération et demander au secrétaire général de la Commune d’aller confectionner d’autres comptes en remplacement de ceux préalablement distribués et analysés. Sur le tard, les nouveaux chiffres de Mme Ngoa seront brandis, toute honte bue, question d’obtenir la clémence du conseil. N’empêche, pour de nombreux conseillers étonnés, il n’est pas exclu que des fonds aient été manipulée par des mains visiblement expertes en tripatouillages financiers. D’où de forts relents de détournements de fonds publics qui transpire désormais de la gestion du maire.
Déjà, les langues avisées racontent à l’envie dans les rues d’Akono, avec un brin d’humour, les différents stratagèmes utilisés par le premier magistrat municipal pour se remplir les poches, loin des regards indiscrets. A l’observation, Mme Ngoa d’origine française, est sur les traces de Jean William Sollo, qui lui aussi, avait bien ruiné les caisses de cette commune. Nous y reviendrons.

[b]Yves Marc Kamdoum[/b]

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