Economie

Cameroun – Main basse de Neo-Insdustry sur la Vallée du Ntem: La concession fantasmée

Paul Biya n’a jamais concédé de terres à Neo Industry dans la Vallée du Ntem ; Le décret d’indemnisation et d’incorporation desdites terres dans le domaine privé de l’Etat de Yang Philémon (Ex-Pm) n’a aucune valeur juridique, parce que signé sur la base d’un acte caduc de Koung à Bessike, alors Ministre des Domaines, engluée dans des magouilles pécuniaires.

C’est donc conscient de cet état de fait qu’Emmanuel Neossi, soutenu par des pontes du régime, manœuvriers dans l’ombre car actionnaires dans l’Affaire, veut forcer le passage dans une tentative illégale de lancer rapidement les travaux et mettre le chef de l’Etat « dos-au-mur ». D’où la mise à contribution d’une presse au sérieux instable et chancelant, manipulée par une entreprise aux relents de prédation funestes, sous les oripeaux des promesses d’emploi et du Développement. Le ramdam médiatique sciemment orchestré, vise juste à forcer la main du Président Biya. Le Nnom Ngui sacrifiera-t-il ‘’l’Esprit de la forêt’’ à l’autel des intérêts mercantilistes ? l’arbitrage d’Etoudi vivement attendu. Lire la déclaration du Sénateur Pierre François-Xavier Menye Ondo, l’un des porteurs de la revendication des populations.

Holdup foncier : le visage de l’Usurpation de terre 

En 2012, l’ex-ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, (Mindcaf), Jacqueline Koung à Bessike, signé en date du 3 juillet, un arrêté déclarant d’utilité publique, les travaux de construction d’une agro-industrie dans le Sud, et la création des réserves foncières dans les départements de la Mvila, l’Océan et la Vallée du Ntem. Cet arrêté a induit la signature par l’ex-premier ministre (Pm), Philémon Yang, d’un décret d’indemnisation et d’incorporation desdites terres dans le domaine privé de l’Etat quelques mois plus tard. Et le 8 octobre de la même année, un appel d’offre national est lancé par le Mindcaf pour le marché du lot numéro 5 relatif à la création d’une agro-industrie dans la Vallée du Ntem. Plan aquaculture (Pac), et Neo Industry sont les deux premières entreprises à soumissionner. Pac qui envisage de créer une technopole agro-industrielle d’un coût de 36 milliards Fcfa, va solliciter une parcelle de 31 000 ha. Mais pour des raisons liées au manque de financement, son dossier ne prospère pas. Quant à Neo Industry, à l’origine des tensions actuelles, sa demande de 66.000 ha pour la création d’une agro-industrie a favorablement été reçue en août 2017, entraînant deux mois plus tard, la création d’une commission chargée d’accompagner le dossier par l’ex-préfet, Quétong Handerson Kongé.

Selon Hubert Kibong, délégué départemental du Mindcaf pour la vallée du Ntem, les agitations observées dans les réseaux sociaux autour de ce dossier n’ont aucun fondement en ce sens que : « Neo Industry est simplement bénéficiaire d’un contrat provisoire qui devrait faire l’objet d’un décret plus tard en attendant les échanges avec les populations et les études d’impact environnemental », indique-t-il. Faux, rétorque le ministre Emmanuel Edou, porte-parole des élites de la Vallée du Ntem pour qui : « le fait pour l’Etat d’avoir pris en premier nos terres sous le prétexte d’une déclaration d’utilité publique et sans nous consulter, est une opération de dupe. La démarche de l’entreprise qui n’a pas pris le temps de consulter les populations n’est ni respectueuse des principes prévues par la loi, ni respectueuse de la dignité des filles et fils de la Vallée du Ntem, qui parlent aujourd’hui de la terre de leurs ancêtres », s’insurge-t-il.

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Les populations de la vallée du Ntem dans leur écrasante majorité accusent le Mindcaf et l’entreprise Neo Industry de s’être accaparés leurs terres sans impliquer qui que ce soit dans les différentes étapes d’expropriation jusqu’au moment où les villageois ont été surpris de voir les agents du cadastre placer les bornes dans leur forêt « les populations de la vallée du Ntem se sentent insultés. Bien que partisans de la politique du président Paul Biya qui a créé ce département le 12 septembre 1999, nous dénonçons vivement la mafia dont nous sommes victimes de la part des fonctionnaires de notre département. Cette fois-ci, sous sommes prêts à mourir pour nos terres », râlera sa Majesté Petit Messa, président du conseil départemental des chefs traditionnels de la vallée du Ntem.

Neo Industy abattu en plein vol : Ne touche pas à mes terres

Les populations crient au scandale, les actes ayant conduit à cette « supercherie » attaqués en justice.
Depuis quelques semaines, la Vallée du Ntem est au centre d’un scandale en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique au Cameroun. On parle de plus de 66.000 ha de terre frauduleusement concédés à des entreprises privées par l’Etat du Cameroun à l’insu des populations locales. C’est sur les réseaux sociaux, à travers le mouvement : « Ne touche pas à ma terre », dont les ramifications s’étendent jusqu’à la diaspora, que cette affaire qui déchire actuellement la vallée du Ntem, a pris les allures d’une véritable crise. C’était en appui aux multiples démarches amorcées par les forces vives de ce département auprès de l’autorité administrative, notamment le Préfet de la Vallée du Ntem, Bouba Haman, qui, dans une démarche conciliante, a décidé de réunir le gratin politico-traditionnel de la Vallée du Ntem pour faire plus de lumière sur cette affaire.

  • Samedi, 08 Août dernier, la salle des actes de la mairie d’Ambam, a servi de cadre à cette rencontre plutôt historique. « La rencontre de ce jour fait suite à plusieurs requêtes que nous avons enregistrées à notre niveau, formulées par le collectif des élites de la Vallée du Ntem, celui des chefs traditionnels, et un collectif d’avocats, sur une question importante touchant l’intérêt général des populations de ce département », précisera d’entrée le « chef de terre ».
  • A Ambam, la gravité de la situation au regard des appels à manifestation et autres mots d’ordre de boycott de l’autorité de l’Etat lancés sur les réseaux sociaux, promettaient une issue riche en étincelles à cette rencontre. Mais grâce à son sens élevé de responsabilité, le Sénateur Me François Xavier Menye, invitera les uns et les autres à opter pour l’apaisement et la tolérance. C’est dans cet esprit que se sont déroulées ces assises qui ont connu, côté sécuritaire, un fort déploiement des unités de police de la région.
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Recours : Les voies de droit font florès

Le collectif des avocats qui s’est saisi du dossier estime pour sa part que le décret du Pm fondé sur un arrêté caduc du Mindcaf, doit être rapporté à titre conservatoire, « La création des réserves foncières calquées sur le régime d’expropriation pour cause d’utilité publique est une hérésie juridique. Car, ce qui s’est passé est une expropriation pour cause d’utilité privée voilée sous l’expropriation pour cause d’utilité publique », expliquera Me Christian Engo. Les avocats qui disent avoir déjà introduit deux recours gracieux préalables auprès du Pm et du Mindcaf ainsi qu’une demande de sursis à exécution des actes querellés, promettent de poursuivre tous ceux qui ont participé à l’obtention des titres fonciers à l’origine de la crise qui traverse leur département. Il se trouve, selon les juristes, que sur les 730.000 ha de terres que comptes la Vallée du Ntem, il ne reste aux populations que 400 000 ha après la réalisation du barrage de Memve’ele et la création des réserves foncières à l’origine de la crise.

Maintenant que le dossier se trouve sur la table du Pm, Joseph Dion Ngute, les appels à l’insurrection et les agitations des réseaux sociaux ne sont plus admis, avertira Parfait Bikoro, élite de la Vallée du Ntem et le représentant du chef du gouvernement à la rencontre d’Ambam. Le collaborateur du Pm, qui se dit favorable à une démarche citoyenne et respectueuse des institutions dans cette affaire, émettra toutefois le vœu que : « les régions frontalières soient à la lumière de cette crise, dérogées du droit commun su des questions sensibles comme les expropriations ». Car, les populations ainsi frustrées qui entretiennent de plus le plus un sentiment de rejet par l’Etat du Cameroun, pensent qu’on est en train de les repousser vers le Gabon et la Guinée-Equatoriale voisins.

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