Louis Paul Motaze vient de subir un camouflet retentissant à Meskine, dans l’Extrême-Nord. Le ministre des Finances a été confronté à un mouvement d’humeur spectaculaire des populations qui ont brûlé les tenues du RDPC et scandé les noms de leaders de l’opposition. Un rejet qui rappelle celui essuyé par Ferdinand Ngoh Ngoh, révélant une contestation grandissante du pouvoir de Yaoundé dans cette région stratégique avant la présidentielle d’octobre.
Colère populaire : Tenues RDPC brûlées, slogans d’opposition scandés
L’affront subi par Louis Paul Motaze à Meskine le 27 août restera dans les annales politiques camerounaises. Attendu au lamidat de cette localité du Diamaré, le ministre des Finances a préféré poursuivre ses audiences avec les groupes socio-politiques, suivant les conseils du gouverneur Midjiyawa Bakary.
Cette décision a mis le feu aux poudres. « C’était du jamais vu, les gens étaient vraiment en colère », confie un témoin oculaire présent sur les lieux. Les populations, mobilisées depuis des heures après la fermeture du marché ordonnée par le lamido, ont exprimé leur frustration de manière spectaculaire.
Les images sont saisissantes : tenues du parti au pouvoir consumées par les flammes, noms de Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary scandés avec ferveur. Un geste de mépris ressenti qui a transformé une visite de courtoisie en véritable camouflet politique.
Autorités locales prises à partie : Un rejet en cascade
La colère ne s’est pas arrêtée au ministre absent. Le gouverneur de la région, le préfet du Diamaré et le sous-préfet de Maroua 1er, dépêchés pour apaiser la situation, ont eux aussi été pris à partie par la foule en furie.
« Na so le gouvernement di take nous pour fous ? », s’indignait un habitant de Meskine, exprimant le sentiment d’abandon ressenti par les populations face à l’insécurité et au chômage de masse qui gangrènent la localité.
Le préfet Jean-Marc Ekoa Mbarga a tenté de minimiser l’incident, l’attribuant à « des jeunes instrumentalisés par des acteurs politiques véreux ». Une explication qui peine à convaincre tant la spontanéité de la colère populaire semblait authentique.
Cette scène rappelle étrangement le rejet qu’avait essuyé Ferdinand Ngoh Ngoh lors de sa précédente visite dans la région. Un parallèle qui inquiète au plus haut sommet de l’État, à quelques semaines seulement de l’élection présidentielle du 12 octobre.
Dans une région courtisée par l’opposition, ces manifestations de rejet révèlent les failles béantes d’un pouvoir en perte de vitesse. Le RDPC devra-t-il repenser sa stratégie de reconquête du septentrion face à cette contestation grandissante ?
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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