Cameroun: L’Observatoire de l’emploi manque de visibilité

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Les données de cet organe demeurent dans les tiroirs du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Le 13 février 2015, l’Observatoire national de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Onefop) aura 13 ans d’existence. Ses bureaux situés à la rue Ceper à Yaoundé sont quelque peu défraîchis. Derrière des postes d’ordinateurs, une équipe relativement jeune s’attèle à la tâche pour remplir les missions assignées à l’Onefop. Des missions clarifiées dans l’arrêté du Premier ministre portant création de cet organe. « L’Onefop est un organe d’expertise et d’aide à la décision dans le cadre de la stratégie de lutte contre le chômage. A ce titre, il assiste le ministre chargé des questions d’emploi et de formation professionnelle dans la mise en œuvre des politiques relevant de ces domaines. » Depuis 2002, le personnel de cette structure s’attèle ainsi à la collecte, le traitement et la diffusion des données et informations relatives à l’emploi et à la formation professionnelle au Cameroun.
En termes de données chiffrées, la dernière livraison de l’Onefop remonte à novembre 2014. Les experts de l’Onefop ont recensé 130.330 emplois générés au premier semestre 2014. On apprend du rapport de l’évaluation que « les secteurs ayant générés ces emplois sont les grands projets structurants (barrage de Lom Pangar, barrage Memve’ele, port en eau profonde de Kribi). La réalisation du budget d’investissements publics (Bip) est également un prétexte d’embauche par les ministères. On apprend par ailleurs que les 130.330 emplois générés représentent 52% par rapport à la cible de l’année (2014) qui est de 250.000 emplois créés. Des chiffres corroborés par l’Institut national de la statistique (Ins) en charge des enquêtes macroéconomiques. « L’Onefop est chargée de proposer au gouvernement des filières porteuses en adéquation avec les besoins du marché de l’emploi et des objectifs stratégiques du pays », explique Ahmadou Issa, chef de la cellule de communication du ministère de la l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop). Ce dernier se plaint que « de nombreux jeunes se ruent vers le secrétariat bureautique » pourtant il y a des niches inexplorées d’emplois.

Recommandations
Mais qui dira donc aux jeunes quelle filière est porteuse et laquelle ne l’est pas. La communication n’est visiblement pas bien huilée dans ce sens. Pour faciliter son travail, l’Onefop a formulé des recommandations. « Que chaque organisation d’employeurs désigne un point focal de l’Onefop au sein de l’organisation, avec pour mandat de dispatcher et de recueillir les fiches de collecte d’informations sur l’emploi auprès des directeurs des ressources humaines des entreprises de son ressort et de les acheminer à l’antenne régionale de l’Onefop basée à la délégation régionale de l’emploi du ressort pour traitement ». Dans le lot des recommandations, on aurait pu ajouter un effort de communication grand public.

Monique Ngo Mayag

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