Cameroun – Lions indomptables: L’énigme Volker Finke

Toujours en poste, le sélectionneur du Cameroun reçoit le soutien de certains de ses poulains, tout en essuyant les foudres des supporters et d’anciens internationaux. [pagebreak]A l’opposé de son confrère Alain Giresse, acculé par la presse, qui a annoncé sa démission après l’élimination des Lions du Sénégal dès le 1er tour de la Coupe d’Afrique des nations 2015, Volker Finke est toujours en poste, malgré la sortie du Cameroun au même stade de la compétition. Le technicien de nationalité allemande, invité à démissionner par des journalistes et autres spécialistes du football camerounais, reste droit dans ses bottes. Le sélectionneur âgé de 68 ans entend non seulement aller jusqu’au terme de son contrat, qui expire en juin prochain, mais éventuellement le prolonger. Surtout que Volker Finke a le soutien de certains joueurs.
«C’est le service que je demande à la Fédération camerounaise. Il n’agit pas seulement comme un coach, mais comme un père aussi. Il a su rajeunir ce groupe et y ramener de la discipline. Et il sait ce qu’il faut faire pour les échéances à venir. Quand quelqu’un commence ce type de travail, il ne faut pas l’arrêter. […] C’est grâce à l’échec de la Coupe du monde, qu’il a pu réussir une belle campagne de qualification. […] C’est un homme qui ne répète pas les mêmes erreurs. Je pense qu’il ne se trompe pas deux fois.» Il s’agit-là d’une attitude du gardien Joseph Fabrice Ondoa. Laquelle sonne comme une reconnaissance pour ce jeune gardien remplaçant à la réserve du Fc Barcelone, titularisé par Volker Finke au détriment des derniers remparts sélectionnés et plus expérimentés.
L’ailier Benjamin Moukandjo, rappelé par Volker Finke, en dépit de la bagarre avec son coéquipier Benoît Assou-Ekotto pendant la dernière Coupe du monde, semble également retourner l’ascenseur à Finke, qui l’a maintenu en sélection et a banni Assou-Ekotto. «Si ça ne dépendait que de moi, il resterait. Il a réussi à nous qualifier pour la Coupe du monde. Il a réussi à nous qualifier pour la Coupe d’Afrique des nations avec un groupe qui a beaucoup changé. Il faut s’inscrire dans une continuité», a expliqué le buteur des Lions face au Syli national de Guinée. Toutefois, Moukandjo anticipe sur un probable départ de Finke. «S’il continue, tant mieux. S’il ne continue pas, on fera avec celui qui sera là», ajoute-t-il. Le Team Press Officer des Lions indomptables, Vincent De Paul Atangana, semble, pour sa part, s’attendre à tout. «Le travail doit se poursuivre, avec ou sans les mêmes acteurs», envisage-t-il.

Caution
Volker Finke, qui a regagné Yaoundé jeudi 29 janvier, avec la délégation camerounaise a discuté lundi dernier de son avenir avec le président du Comité de normalisation de la Fecafoot, Joseph Owona. Et malgré le soutien de certains cadres de la sélection nationale, Finke ne semble pas avoir convaincu le patron de la Fédération, qui reconnaît «une mauvaise gestion des effectifs». Après avoir publiquement apporté sa caution au technicien allemand, au plus fort de « l’affaire Njié Clinton ».
Cela dit, le vieux blond, aujourd’hui voué aux gémonies par de nombreux Camerounais, a atteint (ou presque) ses objectifs depuis qu’il est sélectionneur du Cameroun, en juin 2013. A savoir qualifier les Lions indomptables pour la Coupe du monde 2014 et qualifier l’Equipe nationale pour la Can 2015. Cependant, au Mondial brésilien et lors de la dernière Can, les Lions de Finke ont fini derniers de leur groupe. Ce qui fait dire à l’ambassadeur itinérant Roger Milla que «Volker Finke n’a pas le niveau».
Le footballeur africain du siècle dernier n’a d’ailleurs jamais ménagé ses critiques envers Volker Finke qu’il voudrait voir quitter le banc de touche du Cameroun au plus vite. «Volker Finke ne doit pas être seul à devoir se remettre en cause», tempère Joseph Antoine Bell. Qui semble espérer que l’Allemand entraînera dans sa chute des dirigeants de la Fecafoot.
Au sein de l’opinion nationale, les fans des Lions indomptables, courroucés par la mise sur la touche du prodige Clinton Njié, réclament, ni plus ni moins, la démission de Finke. Son accueil glacial à l’aéroport de Yaoundé Nsimalen est un signe révélateur de la haine des fans des Lions à son endroit. Un dilemme pour les autorités en charge du football au Cameroun, qui ont permis à Volker Finke de passer entre les gouttes en pleine tempête post-Mondial brésilien.

Jacques Eric Andjick

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