Cameroun : l’interdiction du livre de Cabral Libii, « Le fédéralisme communautaire » 

Cabral Libii s'exprime à la Nation

La sortie du livre de l’homme politique est largement commentée au Cameroun. Ses défenseurs y voient du pain béni pour le Cameroun tandis que le fameux « Le fédéralisme communautaire » est passible d’interdiction selon certaines réquisitions.

Difficile de dire que le projet littéraire du président du PCRN, Cabral Libii, a ses beaux jours devant lui. Si le livre baptisé « Le fédéralisme communautaire » avait suscité de nombreuses réactions indignées dans l’espace médiatique camerounais, le bâtonnier Charles Tchoungang exige l’interdiction de la production de l’homme politique. Il l’a clairement indiqué dans une récente sortie en presence du premier ministre et des officiels de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme « Inacceptable ! Dans un Etat de droit c’est inacceptable qu’un parti politique puisse proposer à notre pays d’adopter une structure complètement absurde qui s’appelle « Le fédéralisme communautaire ». » a souligné l’avocat.

Il voit précisément en ce projet une voie ouverte pour liguer les Camerounais les uns contre les autres « Si l’Etat du Cameroun autorise une telle publication, cela veut dire qu’en réalité́, chacun peut rester dans son coin et théoriser la guerre et le dire. Fédéralisme communautaire suppose quoi ? Ça suppose que la fédération devient un instrument constitutionnel qui accepte le communautarisme.

C’est quoi le communautarisme ? Alors, j’ai entendu les tenants de ce discours dire qu’il y a une communauté́ Sawa. Mais monsieur le Premier Ministre vous en êtes.

La communauté Sawa c’est quoi? Ça part d’ici au Bénin. La communauté Bamiléké c’est quoi? Qui va t-on mettre dans ça? La communauté Bamun c’est quoi? Alors, on va nous dicter des structures super communautaires pour créer des États dans lesquels on va plaquer des communautés pour en faire un fédéralisme où on aura un fédéralisme à 250 Etats! On joue ! », a développé le bâtonnier en soulignant que les différences doivent plutôt être des vecteurs de rassemblement de la population camerounaise dans sa diversité.  « C’est comme ça que Mein Kampf a commencé́. C’est comme ça quand Hitler dit à son peuple « je vous promets mille ans de bonheur » et contraint la France… La France sera un pays agricole, la nourriture que vous mangerez sera produite par les Français. Et concernant l’Afrique il a dit « no name » … C’est comme cela que la radio Mille-collines de Kigali a commencé́. Pensez à quoi ça a abouti. », transpose Charles Tchoungang et de conclure « C’est une pensée totalitaire et inacceptable dans notre pays. Et moi je vous suggère monsieur le Premier Ministre, de proposer au chef de l’État d’interdire cet ouvrage. Il faut beaucoup de courage. On ne peut pas être dans un pays où l’État disparait derrière les peurs. Nous n’avons peur de personne.

L’Etat n’a pas à avoir peur, de personne ! Quand l’ouvrage a pour but de diviser la Nation, la Nation a le devoir de s’opposer à la production d’un tel ouvrage. Je crois que ce serait un signe fort de puissance. La liberté́ d’association ne peut pas tout autoriser. » S’il a invité le porteur de l’initiative à faire profil bas s’il est à court de vision politique. Ses défenseurs ne voient pourtant pas les choses du même œil. « N’oubliez pas que cette cabale envers le FedCom vise entre autres à diluer les perspectives de vente de l’ouvrage. Sinon comment peut-on commenter (et avec autant de maladresse) un livre qui n’est même pas encore sorti ?? », s’est interrogé un militant du PCRN ; « Le Fédéralisme communautaire est appliqué dans la région de l’Ouest camerounais depuis plus de 70 ans et aujourd’hui je ne me comprends pas pourquoi un maitre appartenant à ce groupe se lève et dit non le livre de Libii Cabral ne doit pas être publié. Que cache ce monsieur (maitre)? alors que nous savons tous qu’à  l’Ouest Cameroun si tu n’es pas de là, tu ne peux pas te mélanger pour être maire ou chef d’un petit quartier», lance un autre du nom de Zobel Joe en réaction à la proposition du Bâtonnier. 

237online.com 

One thought on “Cameroun : l’interdiction du livre de Cabral Libii, « Le fédéralisme communautaire » 

  1. je ne pense pas que l’on en soit encore à l’ère de la mise à l’index. la liberté d’expression s’éloigne de la liberté de repression. au contraire, elle autorise les uns et les autres à se confronter idées contre idées. en d’autres termes, l’une des bonnes pratiques consisterait à publier un autre ouvrage visant à déconstruire les théories développées dans l’ouvrage critiqué et à leur en opposer de plus convaincantes.

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