Cameroun – Liberté de la Presse: Un journaliste tabassé par la police à Ebolowa

policier camerounais

Arnaud Nguefack essayait de couvrir une grève des employés d’une société spécialisée dans la tuyauterie.[pagebreak]Quatre mois seulement après la menace de mort proférée sur le journaliste de Mutations Guy Roger Mvondo par un commissaire de police de la capitale régionale du Sud, la répression orchestrée par certaines autorités de ce coin du pays vient de prendre une vitesse de croisière. Le journaliste Arnaud Nguefack correspondant d’une chaîne de télévision privée en a récemment fait la triste expérience. Accouru en même temps que d’autres citoyens de la cité pour savoir les motifs qui auraient incité les employés de la société Batratel (spécialisée dans les forages les puits et bornes fontaines) à rentrer en grève, ce journaliste et son cameraman seront pris à partie par le commandant du GMI N°8 d’Ebolowa Jacques Ze. Ce policier a sans autre forme de procès ordonné à ses éléments de retirer la camera d’Ambroise Fogué un opérateur de prise de vue. Après quoi, le même officier supérieur de police a réclamé le calepin sur lequel Arnaud Nguefack prenait des notes. Au refus de ce dernier de remettre son calepin, il sera mis au sol et roué de coups par l’escouade de policiers qui sur le moment, s’étaient désintéressés du mouvement d’humeur des ouvriers de Batratel. L’incident sera rapporté au Gouverneur du Sud Jules Marcellin Ndjaga, lequel fera remettre le matériel de travail des journalistes.

Récidive
En l’espace de trois ans, c’est la cinquième fois que des journalistes sont victimes de violence physique ou verbale à Ebolowa. Dans les milieux de la presse locale en tout cas, le constat est sans appel: depuis que le Gouverneur Jules Marcellin Ndjaga a pris fonction dans ce coin du Cameroun, il existe comme une sourde volonté délibérée de nuire aux hommes de média. Le correspondant de l’Anecdote fut le premier à payer les frais de cette conspiration. Au quotidien, les actes de frustration et de provocation des journalistes par les hommes travaillant dans l’entourage de ce gouverneur sont légion. D’ailleurs, l’homme ne cache pas son aversion vis-à-vis de la «presse privée», dont il dit qu’elle est essentiellement tournée vers des problèmes de subsistance. Cette attitude a très vite été comprise par ses proches collaborateurs.

Conséquence, l’actuel préfet du Lom et Djerem à l’époque préfet de la Mvila, avait carrément séquestré le correspondant du Quotidien Le jour Jérôme Essian, sans que ce gouverneur ne lève le petit doigt. Si le délégué général à la Sûreté Nationale Martin Mbarga Nguélé ne faisait pas des efforts d’assainissement et de redressement de la police tel qu’il le fait actuellement, la situation dans le Sud serait pire. Il y a tout juste quelques semaines, il vient de changer la plu¬part des responsables de la police à Ebolowa. Pourtant, l’opinion a l’impression que le patron de la capitale régionale du Sud, vient d’embobiner les nouveaux arrivants de la police. Et l’agression dont notre confrère a été victime, risque si rien n’est fait, de faire tache d’huile. Et transformer Ebolowa en une destination à risque pour la presse.

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