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Cameroun: Les États-Unis préparent un coup d’État contre Paul Biya

Le leader de l’opposition camerounaise et les Américains sont sur la même longueur d’onde.

L’image ou plutôt les images ont fait le tour du monde. Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), reçu au département d’Etat par Tibor Nagy, sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines. Une illustration d’un très grand rapprochement entre celui qui est désormais présenté comme le leader de l’opposition camerounaise et qui continue à revendiquer sa victoire à l’issue de la présidentielle de 2019 ; et le pays de l’oncle Sam désormais critique de la gouvernance de Paul Biya.

La première chose qui a frappé au terme de la rencontre entre les deux hommes, c’est que celle-ci avait tout ce qu’il y a de plus officiel. D’ailleurs l’une des photos prises s’est faite devant les insignes du département d’Etat. Au sein de l’appareil d’Etat camerounais, cette rencontre est un camouflet. Ce qui crée beaucoup d’agitation, d’après des informations glanées au palais d’Etoudi. On voit d’un très mauvais œil ce qui sonne désormais comme un adoubement de Maurice Kamto par les Américains. Et pourtant, pendant longtemps, la diplomatie américaine avait gardé ses distances avec le patron du Mrc. Selon quelques indiscrétions émanant de la représentation diplomatique des États-Unis au Cameroun, Kamto était perçu comme mou du genou dans son approche diplomatique avec l’oncle Sam. Les Américains estimaient qu’il n’avait rien fait pour cultiver une « amitié » avec eux.
Or, depuis que Maurice Kamto est sorti des griffes de la prison, les choses semblent s’être accélérées dans son rapprochement avec les Usa. Il semble avoir compris l’importance de changer de donne, d’autant plus que les Français le boudent sans ambages. On se souvient que lors de la visite du ministre des affaires étrangères français à Yaoundé, Jean-Yves Ledrian, c’est à peine si celui-ci osera accorder au sein de l’ambassade de France, quelques minutes d’échanges à Maurice Kamto. D’ailleurs, en guise de rencontre, il s’agissait d’une réunion marathon avec la classe politique camerounaise, Rdpc y compris. Kamto sortira de là courroucé.

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Les Américains semblent pourtant lui ouvrir un champ de possibilités. Pendant longtemps, les deux camps ont évolué en vase clos. Or, ils défendent quasiment la même posture sur les grandes questions de l’heure : mettre fin à la crise anglophone, organiser un dialogue national plus inclusif, réviser le code électoral avant toute autre élection…

On peut bien imaginer la convergence de vues, en lisant le tweet de Tibor Nagy, à l’issue de l’entrevue avec Kamto : «j’ai rencontré Maurice Kamto. Nous avons parlé de démocratie, d’élections pacifiques et du soutien américain pour l’initiative suisse ».
La gestion de la crise anglophone au Cameroun est l’un des sujets qui rapprochent Républicains et Démocrates américains. Voilà pourquoi le leader du Mrc a aussi rencontré Karen Bass, député démocrate qui récemment, avec quelques-uns de ses collègues a délivré une correspondance corrosive à Paul Biya sur sa gestion de ladite crise. Une posture également partagée par le président républicain de la commission des affaires étrangères du sénat, qui l’a fait savoir dans un tweet.

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Autre rencontre, celle avec Herman Cohen, ancien sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines, qui a également la dent dure contre Paul Biya.
Que mijotent donc les Américains avec Maurice Kamto ? La question est sur toutes les lèvres. Même s’il est naturel qu’un leader politique ne néglige point le volet diplomatique, le timing laisse songeur, au moment où les Américains ont carrément pris leurs distances avec le sieur Biya. Du coup, Kamto sonne comme une sorte d’alternative. La France et Biya vont-ils regarder sans rien faire ? Question à un million de dollars.

Zéphirin Koloko

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