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Cameroun: Les défis sécuritaires au cœur du septennat qui s’achève

L’heure est au bilan. Le septennat 2011-2018 est à son terme et un regard panoramique sur les sept dernières années nous convainc qu’à côté des questions de développement les défis sécuritaires ont fini par s’imposer comme des priorités.
Le septennat 2011-2018 a été marqué du sceau des grandes réalisations. Lors de sa prestation de serment le 3 novembre 2011, le Chef de l’État Paul Biya l’a rappelé en précisant les grands axes d’intervention (agriculture, industrie, infrastructures, énergie). Confiant, l’Homme d’État a établi des perspectives réalisables sur la base des acquis économiques. Le Cameroun venait en effet de bénéficier d’un allègement de dette conséquent. Il s’appuyait aussi sur le capital « paix et stabilité » qui jusque-là, n’avait pas fait défaut à ce pays. Cependant, dès 2013, les premières opérations du groupe terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-nord ont posé les bases d’une nouvelle ère sécuritaire au Cameroun. Les premiers enlèvements ont en effet eu lieu en 2013, plusieurs expatriés dont 10 chinois, qui exécutaient des travaux de réhabilitation de la route Mora-Dabanga-Kousseri. Le portail du Cameroun en Belgique. A la suite de ces évènements, les attaques se sont multipliées. Plusieurs villages se sont vidés de leurs habitants, et de l’autre côté de la frontière au Nigeria, Boko Haram, plus virulent contrôlait de nombreuses localités. Prenant la mesure de la menace, le président Paul Biya déclarait la guerre au groupe terroriste Boko Haram le 17 mai 2014. Sur le terrain, la réponse militaire a dû s’adapter. La création d’une 4e Région militaire interarmées ainsi que la construction de nombreuses bases militaires, ont absorbé d’importants fonds et mobilisé des ressources humaines supplémentaires. L’équipement qu’il a fallu améliorer, les formations du personnel militaire pour répondre à la nature complexe de la menace se sont imposés dans les priorités du gouvernement. Après plusieurs mois de conflit, les besoins humanitaires ont entraîné de nouvelles dépenses. Des milliers de réfugiés venus du Nigéria et de nombreux déplacés fuyant les exactions dans les villages limitrophes du Nigéria avaient pris d’assaut le camp de Minawao. Une concentration des efforts a cependant permis au Cameroun de préserver l’intégrité de son territoire dans la région de l’Extrême-Nord.
Cependant, il n’y aura pas eu de répit pour le septennat 2011-2018. Alors que tout semblait dorénavant sous contrôle face aux hommes d’Abubakar Shekau, les tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest sont venues polariser l’attention et les efforts du gouvernement. Après les revendications corporatistes d’octobre 2016, les mesures adoptées par le gouvernement n’ont pas réussi à apaiser les tensions. Bien au contraire. Celles-ci ont muté en réclamations politiques. Les sécessionnistes ont opté pour des actes de violences qui nécessitent des opérations de sécurisation particulières. L’État s’y attèle depuis le 1er octobre 2017, date à laquelle, dans un acte de défiance, les sécessionnistes ont hissé des drapeaux représentant leur mouvement sur le territoire camerounais, pays souverain. Aujourd’hui, les violences n’ont pas cessé dans ces régions et chaque jour elles exigent un effort de guerre qui coûte à l’économie du pays et à sa marche vers l’Émergence.
A côté de l’effort de guerre consenti, les violences dans ces régions ont considérablement ralenti les activités économiques. La production du cacao est presque nulle à l’issue de la saison cacaoyère dans la région du Sud-Ouest. Dans cette même région, le régime de travail à la Cameroon Development Corportaion (CDC) est en baisse, les ouvriers ayant déserté les plantations du fait des exactions sécessionnistes.
Toujours sur le plan sécuritaire, la piraterie maritime, la question des rebelles centrafricains dans la région de l’Est frontalière de la RCA n’ont pas été en reste. Ainsi, quand on fait la somme de ces menaces qui ont surgi au cours du septennat finissant, on peut en toute honnêteté saluer les efforts du gouvernement qui s’attèle à tenir ses promesses de développement dans un contexte sécuritaire difficile.

Anaïs FOUMANE, cameroonblog

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