Politique

Cameroun : Le Mrc met les autorités au travail à l’Ouest

Les forces mixtes de sécurité ont envahi les artères de la ville dans le but d’empêcher la marche pacifique du mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) hier à Bafoussam.

La ville de Bafoussam à l’observation avait les allures d’une ville militarisée hier 4 novembre 2018. En cagoule, les forces de maintien de l’ordre (Fmo) ont pris d’assaut les artères de la ville sur dans le but d’empêcher la marche pacifique du Mrc dans le cadre du « hold-up électoral». Malgré la présence de ces derniers sur tous les carrefours et lieux à forte concentration humaine, les militants de ce parti venus de toute la région de l’Ouest et même au-delà ont pu marcher sur une distance d’environ 10 mètres avant d’être stoppés et conduits vers une destination inconnue au niveau des agences. Selon les explications de William Dzokou, secrétaire national chargé des stratégies du développement au bureau national des jeunes du Mrc interpellé autour de 12H et libéré vers 18H, une trentaine de manifestants ont été interpellés et gardés dans les services de la police judiciaire de Bafoussam et plusieurs aux autres sont au commissariat de Bamougoum où les visites sont interdites.

« Le commissaire me connaissant, m’a interpellé quelques heures avant la marche puis que nous sommes dans le même quartier. On a échangé. Lors de notre conversation, il m’a demandé si j’allais participer à la marche. J’ai juste confirmé ma position. Il a demandé où j’allais en ce moment. J’ai confirmé que j’allais au domicile de mes parents. Quelques minutes après, il m’a appelé au téléphone me demandant de venir à sa rencontre au niveau du feu rouge. Une fois arrivé, il m’a arrêté et conduit au commissariat. Les informations que j’ai eues me font état de ce que c’est le sous-préfet qui a demandé que je sois interpellé. Le rapport de mon interpellation a été fait au niveau des commissaires central et de la police judiciaire et au délégué régional à la sécurité nationale. Ces derniers ont voulu savoir si j’ai pris part à la marche. Dès qu’ils ont été informés sur les détails de mon interpellation, elles ont précisé que c’est le sous-préfet de Bafoussam 3 qui a demandé qu’on m’interpelle. C’est dès lors que le délégué a demandé de me libérer», explique-t-il au téléphone quelques minutes après sa libération.

Dans le but d’empêcher cette manifestation de revendication de la victoire du leader du Mrc par ses militants, le domicile du régional Ouest avait été encerclé par les équipes mixtes de sécurité quelques heures plutôt. Christophe Kamdem a dû user de certains modes pour s’échapper de leur vigilance certaines indiscrétions.
Cette action musclée des Fmo, était supervisée par les autorités administratives de la ville de Bafoussam. Il est 11H55 quand le char anti-émeute quitte la place des fêtes de Bafoussam où il était installé depuis les premières heures de la matinée pour retrouver le carrefour « sapeurspompiers » ou ancien « mairie rurale », lieu prévu pour le début de la manifestation. Ici, le sous-préfet de Bafoussam 2 veille au grain et s’assure de la non-présence de tout homme de medias. « Nous travaillons en collaboration mais aujourd’hui, il n’y a pas d’information ici. Il est mieux que vous allez à ailleurs », lance-t-il aux journalistes présents. Pendant ce temps, le sous-préfet de Bafoussam 1er conduit une équipe mobile sur certaines artères de la ville. Toutefois, cette omniprésence policière n’a pas empêché
les populations de vaquer à leurs occupations.

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Aurélien Kanouo
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