Economie

Cameroun: Le gouvernement commande un audit international sur la qualité du réseau

Le Premier ministre vient de marquer son accord au Minspotel pour cette démarche qui vise à trouver des solutions à l’amélioration du service des télécommunications au Cameroun.
Mme Minette Libom Li Likeng ne fait donc pas que s’irriter de la qualité du réseau des télécommunications mobiles fournie par les opérateurs camerounais. 237online.com La ministre des Postes et télécommunications est montée au créneau et vient de remporter une victoire décisive en obtenant du Premier ministre Philemon Yang son accord pour le lancement d’un appel d’offres international pour la réalisation d’un audit sur la qualité du réseau camerounais. L’annonce devrait être publiée dans les prochains jours. D’après nos sources, c’est même de la présidence de la République que viennent les instructions de permettre à Mme Libom Li Likeng d’agir pour améliorer l’expérience client au Cameroun , durablement perturbée depuis plusieurs années et marquée par une course commerciale au détriment de la qualité du service. « Les opérateurs annoncent les 3G ou 4G et lancent des campagnes et batailles publicitaires autour des services qui ne sont pas conformes aux normes internationales en matière de contenu », s’emporte un responsable du Minpostel. L’audit que le gouvernement s’apprête à lancer est l’aboutissement d’un processus enclenché par la ministre des Postes et télécommunications, quelques temps après sa nomination le 2 octobre 2015. Le temps de s’imprégner de la situation, elle ouvre le chapitre de la qualité réseau dès ses premières descentes sur le terrain. La première étape intervient au cours de la réunion annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et des sociétés sous-tutelle du ministère des Postes et télécommunications, tenue les 20 et 21 janvier à Yaoundé. Le constat qui est effectué au cours de ces assises est celui d’une« mauvaise qualité de service perçue par les utilisateurs de réseaux de communications électroniques. » Il est alors convenu de discuter avec tous les acteurs du secteur sur les problématiques précises, de mettre en place un référentiel sur la qualité de service et de créer un observatoire sur la qualité de service. L’avancée la plus importante est obtenue avec la création au sein du Minpostel du Cercle de concertation permanente public-privée du secteur des postes et télécommunications (CPPT), le 29 janvier 2016. Les missions qui lui sont assignées se résument à recueillir les préoccupations soulevées par les usagers, ainsi que les attentes des opérateurs privés, de relever les dysfonctionnements dans les télécoms et de proposer au gouvernement toute mesure susceptible de concourir à l’amélioration du rendement. Sont membres de ce CPPT, les responsables du Minpostel certes, mais aussi tous les opérateurs du secteur des postes et télécommunications, notamment les opérateurs du mobile. Comme naturellement, à mesure que les concertations et les propositions émergeaient, les regards convergeaient vers les opérateurs du mobile au sujet de la qualité du réseau, mais surtout vers les entités publiques de régulation. Le 10 mars 2016, une réunion se tient dans le cabinet de Mme Minette Libom Li Likeng avec les autorités de régulation que sont l’Agence de régulation des télécommunications (ART) et l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC). Le constat est sans appel : « faiblesse de la régulation ». 237online.com Une étude diagnostic de ces deux entreprises a d’ailleurs été commandée (voir texte ci-dessous), qui montre leur incapacité à assurer leurs missions. C’est la première réunion de concertation du CPPT qui ouvre définitivement la voie à un audit international tant les problèmes soulevés montrent le besoin d’une analyse en profondeur du secteur. Le CPPT a le mérite de poser le diagnostic, mais Mme Libom Li Likeng va plus loin. Le 29 août, elle organise dans son cabinet une réunion stratégique sur les mesures à prendre en vue de la résolution définitive des problèmes sur la qualité de service. Ce conclave, auquel prennent part tous les acteurs du secteur, préconise, entre autres, « un audit global de tous les réseaux téléphoniques du Cameroun ». Ce que le gouvernement a pris la décision de réaliser. Pendant toute sa démarche de recherche d’une solution durable au problème de la qualité du réseau du mobile, la ministre des Postes et télécommunications a informé Etoudi et obtenu à chaque fois son soutien. Paul Biya attend donc les conclusions de l’audit international.

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Parfait N. Siki

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