Cameroun: L’ancien directeur général de l’ART Jean Louis Beh Mengue va être interpellé

Le Tribunal criminel spécial demande l’interpellation de Jean Louis Beh Mengue, ancien directeur général de L’ART.
«En exécution des instructions du procureur général près le Tribunal criminel spécial contenues dans sa correspondance du 09 juin 2017 relative à l’affaire contre Beh Mengue et autres ; honneur de vous demander de bien vouloir prendre toutes les mesures en vue de l’interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de sortie du territoire nationale à l’encontre de Beh Mengue Jean Louis. En cas de tentative de sortie du territoire national, interpeller le susnommé», est-il indiqué sur un document signé respectivement par le procureur général près le TCS et le chef de division des enquêtes de la même instance.
Jean Louis Beh Mengue a été limogé le 8 juin dernier et remplacé par l’ancien secrétaire général du ministère des Travaux publics (Mintp) Philémon Zo’o Zame, dans un contexte où il avait des relations tendues avec sa tutelle, le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel).
Beh Mengue était accusé par le Minpostel d’avoir illégalement octroyé en 2016 un titre transitoire à l’opérateur Vodafone. Bien plus, la tutelle exigeait de lui la liste exhaustive de tous les autres opérateurs dans la même situation. L’ancien DG a d’abord attendu une sommation ministérielle avant de s’exécuter.
Par ailleurs, en juillet 2013, le Conseil supérieur de l’État (Consupe), administration chargée de veiller à la bonne gestion des dépenses publiques et au respect des procédures, a épinglé Jean Louis Beh Mengue pour de multiples fautes qui ont fait perdre à l’État des milliards de FCFA.
Dans le rapport du Consupe, l’on peut lire: «en violation de la réglementation relative au recouvrement des créances de l’Etat, adresse des correspondances demandant à l’opérateur Orange de ne payer que 1 250 000 000 FCFA sur les 4 140 440 000 FCFA de pénalités infligées et d’investir le reste, soit 2 890 440 000 FCFA, pour le développement de son réseau téléphonique et à MTN de ne rien payer sur les 523 220 000 FCFA de pénalités dues et d’investir ladite somme pour le développement de son réseau téléphonique».
En tout, près de 8 milliards FCFA rétrocédés aux opérateurs télécoms. Autant de dossiers qui pourraient justifier l’activation du corps judiciaire autour de celui qui aura passé 18 années à la tête de l’Agence de Régulation des Télécommunications.

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