Société

Manifestation : La police déployée au ministère de la Recherche

C’est à la suite d’un mouvement d’humeur annoncé par le Syndicat national chercheurs du secteur public.

Les locaux du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation sont investis par la police ce 30 juin 2022. Il est 11h passées de quelques minutes. Des deux côtés de la route, des policiers montent la garde. Leur pick-up est garé à l’entrée du ministère. La présence de ceux-ci suscite les interrogations des riverains. « Que se passe-t-il encore ? ». Le mouvement d’humeur annoncé par le Syndicat national des chercheurs du secteur public justifie la présence des forces de maintien de l’ordre à cet endroit. Les gens entrent et sortent du ministère sous le contrôle de la police. Les entrées et sorties sont donc inhabituellement filtrées par les policiers.

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Le président du Syndicat national des chercheurs du secteur public, Alban Ngatchou, interrogé par Le Jour hier, exprime son incompréhension, même s’il se réjouit du suivi du mot d’ordre lancé par son organisation : « Nous sommes surpris par l’attitude du Gouvernement qui veut utiliser les armes, la police, pour dissuader au lieu de persuader les Chercheurs. Nous ne connaissons aucun pays au monde où on gère les intellectuels avec le fouet. Que viennent chercher les policiers dans nos revendications. Nous posons des problèmes de développement, nous posons des problèmes de compétitivité de notre économie. Nous sommes contents parce que le mot d’ordre est respecté dans tous les Instituts de recherche », s’enthousiasme Alban Ngatchou.

Les chercheurs expriment leur ras-bol face au traitement qui leur est réservé. A cet effet, dans un communiqué signé le 29 juin 2022 par le président du syndicat, il a décidé du gel à compter du 30 juin des activités telle que l’encadrement scientifique des étudiants et stagiaires dans les instituts de recherche sous tutelle du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Malgré des pour-parler du 21 au 23 juin 2022 entre le syndicat national des chercheurs du secteur public et les membres du gouvernement, les syndicalistes n’ont pas perçu de la part du gouvernement une réelle volonté de changement et d’amélioration de leur situation. Le syndicat continue de déplorer la non prise en compte des revendications des chercheurs au ministère ; à l’instar de l’octroi de la prime trimestrielle de la modernisation de la recherche.

Le mouvement d’humeur entamé le 30 juin 2022 constitue la première phase d’une série d’actions graduelles, qui seront mises en œuvre, si leurs revendications ne sont pas prises en compte. Les chercheurs revendiquent entre autres la mise sur pieds d’un compte spécial de modernisation de la recherche dédié aux instituts de recherche, la révision du décret du 18 juillet 1980 portant statut des chercheurs, de leur âge de départ à la retraite ; de la révision du décret de 18 juillet 1980 portant statut des chercheurs, de leur reclassement lors du recrutement. Ils souhaitent également la promulgation d’une loi d’orientation de la recherche et la réforme du cadre institutionnel. De manière générale, les chercheurs exigent une révision de leur statut.

Dans une interview accordée au président du bureau exécutif du syndicat le 16 juin 2022 dans les colonnes du Jour, Dr. Alban Ngatchou pense que le véritable problème réside dans le non-respect des engagements pris par le gouvernement pour trouver des solutions durables aux revendications formulées depuis le 05 novembre 2021. Celles-ci ont été reconnues fondées par les deux départements ministériels (Mintss et Minresi). Il soutient également que l’innovation ne s’accommode pas de la débrouillardise scientifique, il y a des standards en manière de management que le Cameroun doit respecter. Le bureau exécutif national élargi s’est réuni le 13 mai dernier dans les instituts de la recherche pour examiner les differentes difficultés qui entravent la profession et les violations des droits des chercheurs.

Le gouvernement accuse le syndicat d’avoir rompu unilatéralement le dialogue social après la suspension du préavis de grève contenu dans le communiqué final du 30 novembre 2021 conjointement signé par les ministres du Travail et de la Sécurité sociale, de la Recherche scientifique et l’Innovation. Le Synac rétorque qu’il a été convenu de six mois pour apporter des solutions durables aux revendications. Or, plus de six mois après les derniers débats tenus fin 2021, les chercheurs disent être dans l’attente de mesures concrètes. « C’est ce qui nous fait croire que le dialogue n’est pas sincère », regrette le Synac.

M.L.M / 237online.com

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