Cameroun : La guerre de la pub fait rage à Yaoundé, le maire défie le gouvernement !

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Malgré les mises en garde répétées du gouvernement, la ville de Yaoundé est devenue le théâtre d’un affrontement sans merci autour de la gestion de la publicité. Au cœur de la tempête : le maire Luc Messi Atangana, accusé de collecter illégalement une « redevance publicitaire » avec la complicité de régies vereuses.

Depuis novembre 2022, ministres et autorités se succèdent pour condamner cette pratique : d’abord le ministre des Finances, puis celui de la Décentralisation en mai 2023, et enfin le ministre de la Communication en novembre. Mais rien n’y fait, le maire fait la sourde oreille et continue sa collecte forcée, allant jusqu’à ordonner la destruction des enseignes des commerçants récalcitrants le 11 avril dernier.

Une violation flagrante des lois et des droits des commerçants

Pourtant, la loi est claire : apposer une enseigne commerciale est un droit, pas une faveur accordée par le maire. L’article 28 de la loi de 2015 sur le commerce le garantit. Quant aux enseignes à caractère publicitaire, la loi de 2006 recommande simplement au commerçant de choisir une régie agréée par le ministère de la Communication. Aucune autorisation préalable de la mairie n’est requise.

En s’acharnant ainsi sur les enseignes, le maire Atangana viole les droits des commerçants et menace la survie de nombreuses PME. Une situation intenable dénoncée par Aristide Bounah, membre de l’Association des régisseurs en publicité du Cameroun (Arpc), pour qui ces pratiques monopolistiques violent aussi la loi de 1998 sur la libre concurrence.

Abus de pouvoir et trésor de guerre électoral : les dessous d’un scandale

Mais alors, pourquoi tant d’acharnement de la part du maire de Yaoundé ? Selon nos informations, cette campagne de destruction des enseignes serait en réalité un paravent pour amasser un trésor de guerre en vue des prochaines élections. Un abus de pouvoir caractérisé, d’autant que l’article 35 de la loi de 2019 sur la décentralisation donne à l’État l’exclusivité de la gestion du domaine public, avec possibilité de la déléguer aux Régions. Pas aux maires.

Face à cette situation explosive, le gouvernement semble impuissant. Malgré les interventions répétées des ministres et les mises à jour réglementaires initiées fin 2023 par le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, le maire de Yaoundé continue de narguer l’autorité de l’État. Jusqu’où ira ce bras de fer ? Le gouvernement va-t-il enfin sévir ou laisser le champ libre aux dérives du maire ? Affaire à suivre…

Par Ulrich Motto Mballa pour 237online.com

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