Cameroun : La FECAFOOT sanctionne ceux qui osent réclamer leurs dus

arbitres camerounais

Des arbitres suspendus pour avoir osé demander leur salaire, c’est la triste réalité qui sévit actuellement à la Fédération camerounaise de football. Une douzaine d’entre eux viennent d’être écartés pour s’être mobilisés afin d’obtenir le paiement de leurs arriérés de salaire des deux dernières saisons. Un signal fort qui en dit long sur les méthodes expéditives en vigueur.

Une demande légitime vire au cauchemar

Pourtant, leur requête était on ne peut plus légitime. Après plusieurs mois de travail sans percevoir le montant qui leur était dû, ces hommes en noir ont décidé de monter au créneau. Las d’attendre et de se voir servir de vagues promesses, ils ont exigé que leur soit versé leur dû.

Une démarche normale quand on sait les difficultés que rencontrent la majorité des travailleurs camerounais pour obtenir gain de cause auprès de certains employeurs indélicats.

Mais visiblement, oser réclamer son salaire est très mal vu à la FECAFOOT. Au lieu d’apporter une réponse diligente à leur requête, la réaction a été tout autre. Ces 12 arbitres viennent purement et simplement de être suspendus par l’instance faîtière du football camerounais.

Voici leurs noms :

  • Bodo Onana Albert
  • Essomba Messende Etienne
  • Sidje Sidje Pascal
  • Segue Mbomba Alexandre
  • Mandeng Bidjong Jean Paul
  • Diffo Lontsi Valdez
  • Voksia Nasser
  • Engama Christ Brandon
  • Mbock Nguend II Moise
  • Mendiana Mvondo Romaric
  • Beck Bougha Clément
  • Efilla François Parfait

Une sanction totalement abusive s’il en est. Comment reprocher à ces hommes – qui plus est dans un contexte économique difficile – de réclamer ce qui leur revient de droit ?

Plus grave encore, cet incident vient confirmer le climat délétère qui règne en ce moment au sein de la FECAFOOT. Sous la houlette de son sulfureux président Samuel Eto’o, connu pour son autoritarisme, quiconque ose élever la voix ou émettre la moindre critique se retrouve aussitôt éjecté. Une véritable gouvernance par la terreur qui inquiète de plus en plus.

Un arbitraire inacceptable

Car le cas de ces arbitres n’est malheureusement pas isolé. Combien de joueurs, d’entraîneurs et de journalistes subissent des représailles arbitraires sitôt qu’ils contestent la doxa Eto’o ? Le climat au sein de la première institution footballistique camerounaise se dégrade à vitesse grand V.

Entre accusations de corruption, affaires de sorcellerie et règlements de compte en tous genres, la FECAFOOT navigue en eaux troubles. Difficile dans ces conditions de mener sereinement le navire et de prendre les décisions qui s’imposent pour le football camerounais.

La suspension abusive de ces 12 arbitres modestes ne fait que confirmer ce constat amer. Au-delà de son aspect inacceptable d’un point de vue éthique, ce genre de dérive autoritaire hypothèque sérieusement l’avenir du ballon rond national.

Une réaction rapide des autorités compétentes s’impose plus que jamais pour remettre de l’ordre et sanctionner ces pratiques moyenâgeuses. Le football camerounais mérite mieux que cette triste gestion par la terreur. Espérons que le bon sens finira par prévaloir.

Patrick Mbida, 237online.com

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