Cameroun: La distribution du gaz domestique se normalise

L’information sur la disponibilité du gaz SCTM a provoqué une ruée des propriétaires des bonbonnes de cette marque vers les différents points de ravitaillement, notamment à Yaoundé, il y a quelques jours.
C’est que, pendant environ deux mois, les ménages ont cherché le produit en vain. 237online.com A l’origine de cette pénurie, une dette de quatre milliards de F non-réglée par la Société camerounaise de transformation métallique (SCTM) auprès de son fournisseur Tradex S.A. En évoquant cette situation devant le Parlement le 29 mars dernier, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, pour expliquer la rareté de cette marque, a également annoncé que des négociations étaient en cours entre les deux parties pour relancer les approvisionnements. Ces pourparlers ont visiblement abouti, puisque, la SCTM, selon les explications de Malloum Bra, chef du dépôt SCDP de Nsam à Yaoundé, a pu enlever du gaz au niveau du terminal de Bonabéri à Douala, point de départ du circuit de distribution du produit. Une partie de la cargaison acheminée dans les dépôts de Yaoundé a permis de recommencer l’enfûtage des bouteilles orange avant de les acheminer dans les différents points de vente de la ville de Yaoundé où l’impatience des consommateurs se fait de plus en plus ressentir. Si la rareté des bouteilles SCTM fait tant parler, c’est qu’elle est consommée par une bonne partie des ménages camerounais. Dans la région du Nord-Ouest notamment, 80% des ménages utilisent la bouteille SCTM selon les données de la délégation régionale du ministère du Commerce. Idem dans la région du Nord où la marque est la plus distribuée. Selon des données de la Société camerounaise de dépôts pétroliers (SCDP), le distributeur SCTM contrôle 33% du marché répartis entre une dizaine d’autres opérateurs. 237online.com La pénurie de la marque SCTM pose dans son ensemble le problème de la distribution de ce combustible à travers le pays. Dans un contexte où la demande augmente. En 2014, les quantités de gaz domestiques mises à la consommation ont augmenté de 9,6%. De 79 817 tonnes métriques en 2013 à 87 471 tonnes métriques en 2014, selon la SCDP. Certaines parties du pays sont encore coupées du circuit de ravitaillement. Le gaz domestique vendu dans le Nord-Ouest, par exemple, provient des villes de Bafoussam et Douala. Une situation qui n’est pas sans conséquence sur la disponibilité permanente du produit. Chez les marques concurrentes, en outre, les circuits de distribution ne sont pas toujours fluides. Au-delà des prix et des stocks, le gouvernement intervient également dans l’extension du réseau de distribution, au travers de la création de centres-emplisseurs. Il en existe déjà six. Le plus récent est celui de Bertoua inauguré le 15 mars 2015. L’implantation de ce centre a contribué à faciliter la distribution du gaz dans les ménages, avec la multiplication des opérateurs. L’idéal serait d’avoir un centre d’emplissage par région. Et on y travaille du côté du gouvernement. Les centres développés par les privés restent encore de faible capacité et gagneraient à être plus étendus. Des projets de construction de centres d’emplissage de gaz seraient en cours dans les régions du Nord, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Sud, de manière à couvrir l’ensemble du territoire national. Pour l’heure, en ce qui concerne la production, 80% sont importés. Le reste provient de la Société nationale de raffinage (SONARA). Pour relever l’offre locale, la Société nationale des hydrocarbures (SNH), dans son plan de développement des ressources gazières nationales, entend produire du gaz domestique pour résorber le déficit. Un projet qui devrait permettre d’améliorer l’offre et la disponibilité du produit. Mais, il y a encore à régler la question de la non-interchangeabilité des bouteilles entre les opérateurs.

Josiane TCHAKOUNTE

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