Ce n??est pas trop dire en pensant ainsi au regard de la situation qui prévaut en ce moment dans la cité balnéaire. En vérité, la construction du port en eau profonde semble apporter plus de mécontentements que de joie. Reportage.Vendredi 02 novembre 2012, il est 14h45 dans la ville de Kribi, la ville vit l??ambiance de l??installation du tout nouveau préfet de la localité. Cortège administratif, motos-taxis se rivalisent de vitesse. Les
grandes vagues de l??océan vont leur décor. La ville est bien paisible. Un calme qui cache un malaise.Il 15h13, nous décidons de nous rendre dans les villages qui abritent le plus grand projet structurant de l??heure au Cameroun. C??est donc 32 kilomètres de voyage par moto. Il faut rencontrer des autorités traditionnelles, politiques et des fils du terroir pour avoir une idée sur l??avancement des travaux et l??apport bénéfique de cet outil de grand développement.La route qui y mène est un véritable parcours de combattant. Si l??immensité des eaux est attrayant, la route en terre battue avec l??immensité de poussière donne du frisson à nos yeux et aux narines qui doivent à chaque croisement avec des grumiers, faire face à la tonne de poussière et des petits insectes. Au fur et à mesure que l??on y va, rien ne laisse voir les marques d??un si vaste chantier sauf les immenses trous creusés çà et là par des Caterpillars de l??entreprise chinoise, CHEC (China Harbour Engineering Company) chargée de réaliser les deux (02) terminaux spécialisés à savoir : un terminal polyvalent et un terminal conteneur. «Lorsqu??il pleut, aucune voiture ne peut circuler, il faut attendre quelques jours. On a vu des livreurs de matériaux du chantier faire une semaine bloqués en route à cause de son mauvais état», a laissé entendre un jeune ressortissant du village Bongahele.Premier arrêt : le village Mboro, le visage lugubre de ce petit coin laisse à désirer. Seule la cité très moderne des travailleurs et des grands engins que l??on aperçoit à une bonne distance, accueillent les visiteurs. Le délabrement des habitations est total. «Rien n??a changé ici, sauf les bruits d??engins et l??immense barrière que vous voyez-là devant vous. Mais rien», soutient un villageois de Mboro dont la case est juste derrière le chantier du port en eau profonde. Deuxième arrêt : le village Nlende Dibe, à 7km du chantier. C??est le même visage. Pas de changement perceptible. Ici, encore, le port en eau profonde a apporté d??autres problèmes. «Nous n??avons pas d??eau potable, toutes les sources ont été polluées et nos champs confisqués. Il nous est interdit de cultiver la moindre parcelle», avons-nous apprisTroisième arrêt : Ebounja 1Ici, le village tout entier est partagé entre l??inquiétude et le doute. La peur aussi de l??évacuation plane. «Nous avons été informés que notre village est concerné dans le projet du port pour abriter la nouvelle ville. Seulement, nous ne savons pas où nous serons logés et comment. Et puis, nous ne constatons aucun changement. Ces chinois ne partagent rien avec nous??», laisse entendre un groupe de jeunes de la petite localité située à près de 17 km du chantier.Cette situation va en contradiction totale avec les propos de Louis Paul Motaze, président du comité de pilotage dudit projet pour qui, «le complexe industrialo-portuaire et urbain va ainsi constituer un véritable pôle de développement, avec création de plateformes d??activités, de richesses, d??emplois et partant, de réduction du chômage??», disait-il. Le malaise est profond et on est même tenté de dire que le divorce n??est pas loin entre les kribiens et le comité de pilotage qui, pour eux, n??a que de très belles paroles pour rien. Difficile en tout cas de croire que le ministre Motaze avait soutenu bec et ongle que : «Construire un Port, c??est construire l??avenir. Cette entreprise exaltante exige de tous les acteurs rigueur, performance et cohérence, pour que dans la synergie, nous puissions tous contribuer à la réalisation des grandes ambitions portées par Paul Biya, et ce, par une croissance soutenue et un développement harmonieux et durable du Cameroun».
En tout cas, les promesses n??engagent que ceux qui y croient. Avons-nous entendu dire là-bas.
Ne manquez aucune actualite !
Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop



