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Société

Cameroun: Kondengui, la poudrière carcérale

La surpopulation carcérale a un nom : les lenteurs judiciaires, la corruption et les arrestations et emprisonnements à tour de bras.

A Kondengui , c’est un peu plus de 5000 détenus qui y sont entassés dans un domaine pénitentiaire prévu pour 1000 pensionnaires. L’influence de l’exécutif sur le pouvoir judiciaire fait que plusieurs dossiers n’évoluent pas. C’est le cas des prisonniers de la crise anglophone et du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) où des magistrats sont aux ordres.

S’il y a moins de places que de détenus dans nos prisons, c’est aussi à cause de l’attitude de nos juges. Ces derniers font main basse sur la justice. Le nouveau Code de procédure pénal indique pourtant que lorsqu’on a été condamné pour un délit et qu’on dispose d’une résidence connue, alors on peut puiser sa peine étant en liberté. Cette loi n’a jamais été respectée, alors que beaucoup sont en prison pour des délits. Ils sont parqués et nourris comme du bétail dans un environnement de promiscuité détonante et d’insalubrité qui va avec.

Une chose est claire : Si jusqu’aujourd’hui, on ne parvient pas à obéir aux lois qu’on s’est prescrite c’est une faute. Oui c’est la conséquence dramatique de la gouvernance obscurantiste et vénale perpétrée par des individus sans foi ni loi. Ces sicaires zélés qui n’ont d’expérience qu’en matière de politique politicienne, basse et destructrice. Oui ces gens-là qui ont pris le pays en otage, alors qu’ils sont dramatiquement indigents s’agissant de la construction d’un Etat moderne et du développement économique et social du Cameroun. Oui ces personnes qui ont fait porter à Mamadou Mota, le Vice-président du Mrc, le chapeau de leurs incompétences notoires à gérer nos prisons surpeuplées.

Combien sont-ils aujourd’hui en prison ces mineurs et adultes en attentes de jugement ? Les images parlent d’elles-mêmes. La vérité qui nous saute à la figure et nous atteint au plus profond de notre fierté de citoyen, est alarmante. Ils sont des milliers de pensionnaires accusés de « petites frappes » en attentes de jugement depuis plusieurs années. Certains sont condamnés à perpétuité. Et d’autre, attendent depuis une dizaine d’années. Tout ça à cause de l’allégorie d’un pays déliquescent, qui a renoncé à l’idée du progrès humain. Ce pays-là qui a réussi l’espoir de transformer ses propres prisons en un camp de concentration sans four crématoire.

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