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Cameroun – Kidnapping de Boko Haram: De hautes personnalités camerounaises soupçonnées

Boko Haram 21

La récurrence des rapts de ressortissants étrangers au Cameroun donne froid au dos.
A la manœuvre, pense-t-on, des dignitaires du septentrion, prêts à tout pour manipuler le Chef de l’Etat.[pagebreak] Seulement, la nébuleuse islamique serait désormais dans l’étau des forces de défenses camerounaises.
Enlevés dans la nuit du 3 au 4 avril dernier, dans la région de l’Extrême-nord, l’on reste toujours sans nouvelles des trois religieux étrangers qui, selon toute vraisemblance, ne seraient pas encore sortis du Cameroun. Néanmoins, pour l’heure, des supputations attribuent cet acte terroriste à la secte islamique nigériane Boko Haram.
Si aucune information ne filtre sur le lieu de détention des prêtres italiens Antonio Giovani Alligri, Paolo Giovani Marta et de la sœur Gilberte Bissiére, cet enlèvement suscite des interrogations quant à la récurrence des kidnappings. Car, en l’espace de quelques mois, pas moins de 11 ressortissants étrangers ont été enlevés en toute quiétude dans le pays de Paul Biya. A titre de rappel, en février 2013, sept (07) membres de la famille Moulin-Fournier étaient enlevés dans les environs du parc de Waza.

Le 13 novembre 2013, c’était au tour du père Georges Vandenbeusch, curé de la paroisse de Nguétchéwé, de tomber entre les mains des intégristes musulmans.
Collusion.

A y regarder de près, tout porte à croire que ces ravisseurs bénéficient de la complicité de bien de hauts responsables camerounais et chefs traditionnels, dont les noms circulent même, à tort ou à raison, ici et là. Il est constant que ces enlèvements se terminent toujours par des «happy-end», avec la libération des otages sans effusion de sang.

La facilité avec laquelle le contact est parfois établi avec les représentants de la secte islamique, ainsi que la célérité avec laquelle sont menées les négociations, démontre à suffire qu’il existe des zones d’ombres à éclaircir dans cette affaire. Le comportement des hommes de la nébuleuse nigériane, lors de leur repli au Cameroun, est étrangement bizarre.

Ils arrivent généralement par centaines et sont bien connus des populations locales. En dehors des rapts, ils commettent rarement des actes de grands banditismes. Tout juste, ils s’occupent à faire des petits trafics et font passer des armes pour approvisionner les membres de la secte en activité au Nigeria. Ils ne prêchent pas, ne cherchent pas à convertir les Camerounais.

Ils agissent comme si tout était «Halai», et non «Harem». Une attitude curieuse pour une organisation qui a commis entre le 16 juin et le 1er décembre 2013, au Nigéria, 16 actes terroristes, causant près de 500 morts. Plus étonnant, ces «Djihadistes» considérés comme des barbares, avides de sang au nom d’Allah, ne cherchent jamais à liquider les otages enlevés au Cameroun.

Ils attendent toujours tranquillement les négociations. Des négociations bien menées par des fils du terroir qui savent généralement où les trouver. L’hebdomadaire régional L’Oeil du Sahel, dans son édition du lundi 06 janvier 2014, lève un pan de voile sur les tractations qui ont conduit à la libération du père Georges Vandenbeusch.

Affairisme
En effet, apprend-on de sources concordantes, tout de suite après l’enlèvement du prête français, les autorités camerounaises avaient cherché à entrer, en contact avec les membres du mouvement djihadiste, par j’entregent des hommes qui avaient mené des discussions pour la récupération de la famille Moulin-Fournier, enlevé en févier 2013 et libéré en avril de la même année.

Parmi ceux-ci, il y avait le député Rdpc, Abba Mallan, un certain Abdallah et leur mentor Amadou Ali, vice-Premier ministre, délégué à la présidence chargé de Relations avec les Assemblées. Sera abusée lors de la libération de la famille Moulin-Fournier, la secte ne voulait entendre parler d’eux. Car, paraît-il, ceux-ci avaient détourné une partie de la rançon à verser aux terroristes.

La mise hors circuit de ces «contacts», rendant donc totalement inopérant, le réseau d’Amadou Ali, Cavaye Yeguié Djibril est mis sur orbite par le secrétaire général de la présidence, apprend-on. C’est ainsi que le président de l’Assemblée nationale fait appel au lawan Hassan, soutiennent nos sources. Peu avant Noël 2013, ce dernier établit le contact avec les ravisseurs du père Georges Vandenbeusch.

Les discussions peuvent commencer. La secte réclame le reliquat de la rançon de la famille Moulin- Fournier, une nouvelle rançon et un échange de prisonniers. Il se murmure dans les salons huppés de la capitale que le chef de l’Etat aurait alors demandé au Sg/Pr de mobiliser les ressources financières nécessaires pour satisfaire aux besoins de la secte.

Le 30 décembre 2013, aux alentours de 23 h, le prêtre est remis aux éléments du BIR et autres forces spéciales à Achigachia dans le Mayo-Tsanaga. Le président de l’Assemblée nationale peut pousser un «ouf» de soulagement. Il a réussi son pari. En guise de reconnaissance, l’otage savourera la liberté retrouvée dans son département d’origine, le Mayo-Sava, précisément au niveau du péage de Mémé, avant de gagner au petit matin la ville de Maroua.

Une joie qu’avait savourée Amadou Ali en avril 2013, lui que certaines sources affirment avoir hébergé, pendant quatre jours dans sa résidence de Kolofata, le négociateur de Boko Harem pour la libération de la famille Moulin-Fournier. De toute évidence, que ce soit avec la libération de la famille Fournier ou du prêtre français Vanderbeusch, de nombreuses élites du septentrion ne seraient pas sans lien avec tous ces enlèvements. Ils y récolteraient même quelques prébendes.

Certaines sources prétendent également que les otages ne sont jamais conduits hors du Cameroun. Ils sont souvent casés en lieux sûrs et gardés par ces personnes qui protégeaient les coupeurs de route. D’ailleurs, au lendemain de chaque rapt, il est étonnant, murmure-t-on, de retrouver des billets d’euros et de dollars débloqués pour l’opération, entre les mains de certaines populations, notamment des chefs traditionnels et certaines notabilités de la localité, généralement habitués aux Nairas et aux Cfa. Ce qui en rajoute à la thèse selon laquelle, il y a bel et bien complicité entre les ravisseurs et des Camerounais.

Ripostes.
Il ne faut surtout pas penser que les autorités camerounaises sont restées inertes face à ce climat d’insécurité et de business d’un genre nouveau qui a pignon sur rue dans la partie septentrionale du pays. Des informations parvenues à La Météo indiquent que, depuis l’enlèvement des prêtres italiens Antonio Giovani Alligri, Paolo Giovani Marta et de la sœur Gilberte Bissiére, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, a installé ses quartiers à l’Extrême Nord, avec plusieurs de ses collaborateurs, où il travaille nuit et jour.

Dans cette nouvelle croisade contre Boko Harem et ses complices installés au Cameroun, Edgar Alain Mebe Ngo’o a établi une sorte de cellule de crise à Maroua, apprend-on. Ladite cellule, soutiennent nos informateurs, n’a pas l’intention de faire des cadeaux à toutes personnes impliquées dans ce trafic odieux. Cette initiative rejoint la volonté du président de la République, Paul Biya, qui proscrit désormais toute négociation avec la secte islamique, confie une source introduite.

Dans l’optique de ramener la sérénité dans le septentrion et lutter efficacement contre les rapts du groupe terroriste Boko Haram, le Chef de l’Etat avait procédé il y a peu, à la création de nouvelles unités de défense, dans la gendarmerie et dans les commandements territoriaux de l’armée de terre. S’agissant des Bataillons d’intervention motorisée (Bim), les trois chefs-lieux de région du septentrion (N’Gaoundéré, Garoua, Maroua), ainsi que certaines zones névralgiques (Kousséri, Mora, Poli, Tibati), sont désormais dotées des postes de commandement. Les suppôts de Boko Haram au Cameroun n’ont qu’à bien se tenir.

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