Société

Cameroun – Hommage : Vie et mort du ministre Adoum Gargoum

Il s’est éteint à Yaoundé, le 08 mars 2021. Le ministre Adoum Gargoum a été inhumé hier dans l’après-midi au cimetière musulman de Nkolfoulou, une localité de Yaoundé.

Un hommage lui a été rendu à la mosquée de Tsinga en présence du directeur du Cabinet Civil, Mvondo Ayolo, représentant du Chef de l’Etat, d’une foule composée d’amis, personnalités diverses, diplomates, membres de la famille et de nombreux curieux. Son décès est survenu le 08 mars 2021, des suites de courtes maladies à l’hôpital de la CNPS de Yaoundé. L’illustre disparu, qui a passé près de 24 ans dans la diplomatie, a servi le Cameroun avec fidélité, engagement et loyauté. Né le 7 août 1954 à Kousseri, il fait le cycle primaire, dans sa ville de naissance. Le Collège Protestant de Mokolo, dans le département du Mayo-Tsanaga, lui servira de cadre à sa formation secondaire où il obtiendra son diplôme de Baccalauréat. Il poursuit ses études universitaires à la Faculté de droit à l’Université de Yaoundé I. Il réussit ensuite le concours d’entrée à École nationale d’administration et de magistrature (ENAM).

D’octobre 1985 à décembre 1988, il occupe le poste de premier adjoint de l’inspecteur provincial du Travail de l’Extrême-Nord. Par la suite, il est nommé inspecteur provincial principal du Travail et de la Prévoyance sociale dans plusieurs régions du Cameroun : décembre 1988-septembre 1990 (Extrême-Nord), septembre 1990-août 1992 (Adamaoua). En 1992, précisément le 14 août, il est nommé secrétaire général du ministère de la Recherche Scientifique et Technique. Il occupe ce poste jusqu’au 16 juin 1995, date à laquelle il est muté au même poste au ministère de l’Administration Territoriale. Le 7 décembre 1997 et ce jusqu’à son décès, il occupait le poste de ministre Délégué auprès du Ministre des Relations Extérieures chargé de la Coopération avec le Monde Islamique.

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Marié et père de sept enfants, le ministre Adoum Gargoum était titulaire de plusieurs distinctions honorifiques et avait une vie familiale et politique bien remplie. Le ministre Adoum Gargoum aura marqué de son empreinte la coopération entre le Cameroun et le Monde Musulman. Figure emblématique de celle-ci, cette personnalité discrète, respectueuse, humble et patiente aura fortement influencé la conduite des grands dossiers de la diplomatie Camerounaise dans les mondes arabe et islamique. Il est un grand acteur de la visibilité du Cameroun dans les pays arabo-musulmans à travers plusieurs rencontres bilatérales et multilatérales ; le renforcement des relations avec plusieurs pays Islamiques notamment le Soudan avec l’ouverture par ce dernier d’une Ambassade à Yaoundé ; la Turquie avec l’ouverture réciproque des Ambassades dans les deux pays, et les Emirats Arabe Unis avec la signature de l’Accord facilitant l’obtention des visas diplomatiques pour les détenteurs de passeports diplomatique et de service ainsi que la récente ouverture d’un Consulat général du Cameroun à Dubaï.

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Le ministre Adoum Gargoum a également travaillé au renforcement de la visibilité du Cameroun au sein de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) et a également contribué à renforcer la formation des jeunes camerounais à travers l’augmentation des bourses de formations académiques accordées par l’OCI. Sur le plan politique, avec le décès du ministre Adoum Gargoum, le Rdpc, la formation politique au pouvoir, perd assurément un militant infatigable dans le Logone et Chari ; un de ses bastions dans les régions septentrionales. Le défunt en était d’ailleurs le chef de la délégation départementale du Comité central Rdpc.

Adoum Gargoum est entré au Comité central du Rdpc en 1996. A plusieurs reprises, il a représenté cette instance décisionnelle du parti au pouvoir lors du renouvellement des organes de base dans le Mayo-Kani (1996 et 2015), dans le Mbam et Inoubou (2002 et 2007), dans le Mayo-Rey lors des primaires des élections législatives de 1996, dans la Boumba et Ngoko en 2007. En 2011, il a été désigné président de la commission départementale du Logone et du Chari pour les inscriptions sur les listes électorales et est par ailleurs élu membre du Comité central à l’issue du Congrès du parti.

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