Cameroun: Haro sur les injures publiques et agressions verbales

La délégation générale à la Sûreté nationale en campagne de sensibilisation contre le phénomène dans nos villes.[pagebreak]Depuis trois semaines, la délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn) a initié une campagne de sensibilisation citoyenne sur les différentes composantes du maintien de l’ordre, avec entre autres priorités la moralité et la sécurité publique. « On constate de plus en plus que la moralité a foutu le camp au sein des populations. Pour un rien, on vous injurie. Il y a de petites choses que l’on ignore sur les propos désobligeants tenus à des tiers et qui peuvent pourtant conduire très loin », explique un inspecteur de police principal à la Dgsn.

Sujet sérieux que de nombreux Camerounais ont banalisé, tellement d’aucuns ont l’insulte facile. Dans la circulation, le moindre tête-à-queue provoque une déferlante d’injures de la part des chauffeurs de taxi, de motos et autres automobilistes. « Ils ne se privent pas alors d’insulter votre mère et tous vos ancêtres. Et ces scènes se déroulent malheureusement en présence des enfants qui ne se font pas prier pour copier le mauvais exemple », assure un parent, propriétaire d’un véhicule. Les bayam-sellam semblent détenir la palme d’or dans cet exercice peu glorieux. « Il suffit que vous demandiez le prix d’une marchandise sans l’acquérir pour qu’elles vous traitent de tous les noms d’oiseaux. Malheur à vous si vous rétorquez, une colonie d’insulteuses professionnelles vous raccompagnera jusqu’à votre voiture et veillera à ce que vous ne vous sentiez plus jamais à l’aise dans les marchés », explique une mère de famille. « Plusieurs fois, la police a interpellé des vendeuses ici après qu’elles ont insulté l’épouse d’un magistrat ou d’une personnalité de la République. Cela ne semble cependant pas donner de leçon aux autres. Du coup, cette campagne de la Dgsn a son importance », explique la cheftaine d’un hangar au marché du Mfoundi, à Yaoundé.

Malheureusement, ces échanges d’incivilités dégénèrent souvent en bagarre. Au regard, des plaintes qui se multiplient dans les commissariats, les responsables de la Dgsn ont décidé de prendre le taureau par les cornes. « Ce d’autant plus que ceux s’étant rendus coupables de tels actes, une fois conduits devant les forces de l’ordre, disent ignorer tout des textes de loi les condamnant. Les accusés se confondent généralement en excuses, promettant de ne plus recommencer. Puisqu’il est difficile de condamner sans enquête, nous constatons les faits avec des témoins à l’appui. Lorsqu’ils sont avérés on procède au déferrement », explique un policier. C’est pour éviter de tels désagréments aux uns et aux autres, que la campagne de sensibilisation actuelle a été initiée. Dans ce cadre, les forces de l’ordre opèrent dans les marchés, les rues et les quartiers.

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