Cameroun – Gouvernance: Le gouvernement répond au FMI

Lors de la présentation du rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne, hier à Yaoundé, Louis Paul Motaze, le ministre de l’Economie, a expliqué pourquoi les prescriptions de cette institution internationale sont parfois inopérantes.
Un Louis Paul Motaze cru. Le ministre en charge de l’Economie (Minepat) n’a pas maquillé ce que le gouvernement camerounais pense de certaines prescriptions du Fonds monétaire international (FMI). 237online.com C’était hier à Yaoundé, à l’occasion de la présentation du FMI sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique sub-saharienne par le représentant résident au Cameroun Kadima Kalonji. Comme un avocat qui commence sa plaidoirie par une concession préliminaire, Louis Paul Motaze, déclare que « le Fonds a dit un certain nombre de choses sur le Cameroun : la diversification de l’économie, le relèvement des recettes intérieures. Nous sommes d’accord avec cela ». Le Minepat poursuit : « Peut-être le vrai problème maintenant c’est comment y arriver. Le représentant résident a indiqué que les coupes budgétaires n’ont pas été à la hauteur. Il a fait également une proposition selon laquelle nous devons constituer des matelas et des marges de manœuvres. Ça semble tomber sous le sens mais il est peut-être bon que nous réfléchissions sur les difficultés et les contraintes qui s’imposent à une économie comme la nôtre ». Louis Paul Motaze révèle que lundi dernier, avec le ministre en charge des PME, il a échangé avec le Premier ministre Philemon Yang sur les difficultés d’un pays comme le Cameroun de ne pas avoir la possibilité, comme on dit dans les entreprises, de posséder un budget base-zéro. 237online.com « Si vous avez une masse salariale importante, vous n’allez pas dire qu’il faut réduire du monde. Ça signifie que les marges de progression, les marges de changements qui sont les nôtres sont tellement minces pour aller dans le sens de ce qui a été proposé. Piloter une économie africaine ça prend du temps et ça va doucement sinon vous cassez la baraque et on va à d’autres problèmes qui, non seulement, seront difficilement résolus et vont en créer d’autres », se défend M. Motaze. Sur la proposition du FMI de constituer un matelas, le Minepat indique qu’il est entièrement d’accord. « Mais, déclare-t-il, on doit se poser la question. Si nous avons la possibilité de créer une marge financière qu’on appelle matelas financier qu’est-ce qu’on en fait ? ». « M. le représentant résident, a interpellé M. Motaze, vous nous appelez à diversifier l’économie. Nous utilisons cet argent au lieu d’en faire un matelas parce que, dans la compréhension commune, un matelas c’est que vous gardez et vous attendez ». Le Minepat tranche alors : « Or, ce que les gouvernements africains devraient faire, c’est essayer avec les ressources, qui ne sont pas pérennes comme le pétrole, investir pour développer ce qui peut être pérenne : l’agriculture, l’éducation, la santé. Ça veut dire par définition d’exclure la notion de matelas. La diversification de l’économie va vers l’investissement ».

Sylvain Andzongo

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