Cameroun – Ghana: Parcours du combattant pour entrer au stade

Accéder au stade Ahmadou Ahidjo mardi dernier à l’occasion de ce match de demi-finales n’était pas une partie de plaisir pour les spectateurs.
Mardi 29 juin 2016, les Lionnes ont joué à guichets fermés. Les près de 42 000 places du stade Ahmadou Ahidjo étaient occupées par les supporters enflammés qui ont spécialement fait le déplacement. 237online.com Ne trouvant pas de place, beaucoup étaient debout. Le dispositif de sécurité qui couvrait ce match était à son apogée. Chaque parcelle du stade était protégée par des policiers et gendarmes pour éviter tout débordement, et prévenir toute menace. Ainsi, passées 13heures, la foule ne pouvait accéder qu’à pieds aux alentours du stade. Les services de l’ordre stationnés au milieu de la route et régulaient la circulation piétonne pour éviter que les badauds n’y prennent place. Tout le monde devait circuler et aucun n’avait l’autorisation de rester à un point fixe, si ce n’était dans les files d’attentes des entrées. Pour ceux qui avaient acheté leur ticket à 2000 Francs CFA et moins, ou avaient reçu une invitation ordinaire, la file d’attente commençait en face du stade, de l’autre côté de la route et personne ne pouvaient pénétrer le stade avec un sac. La police régulait les flux. A leur entrée, toute la sécurité était manuelle et effectuée par les agents du stade. On ne pouvait ainsi établir une véritable fouille. Toutefois, un système de consigne a été instauré et en échange de 500 francs CFA et d’une décharge. Chaque spectateur pouvait confier son sac à un agent spécialement investi de cette tâche. Pour ceux qui avaient bénéficié d’une invitation VIP, acheté un ticket à 5000 francs et plus, disposaient d’un Pass spécial, leur entrée était spécialement gardée et était comparable aux sas de sécurité de tout aéroport international. Cette fois, les sacs à main étaient autorisés mais l’accès au stade ressemblait à un vrai parcours du combattant, il fallait passer trois étapes et marcher plusieurs dizaines de mètres entre chaque étape. Tout d’abord, il fallait montrer son billet à la première barrière de sécurité pour certifier qu’il s’agissait bien de la bonne entrée. En deuxième lieu, on rejoignait une file d’attente au bout de laquelle un portique de sécurité et plusieurs agents de sécurité se trouvaient. Lorsque le moment était opportun il fallait enlever les liquides, les objets métalliques et toute chose pouvant porter physiquement atteinte à autrui. Et là encore, la présence devait une nouvelle fois être justifiée par le billet adéquat. Cette étape franchie, il fallait parcourir à nouveaux plusieurs mètres avant un troisième sas de sécurité où les services de l’ordre effectuaient une fouille corporelle. Les femmes étaient palpées par une policière et les hommes par un policier. Aucun centimètre du corps n’était négligé. Enfin, les derniers agents à contrôler étaient ceux du ministère des Sports accompagnée d’un groupe de gendarmes. Ils vérifiaient à nouveaux si le billet était valable, regardaient minutieusement si la photo du badge correspondait bien à l’individu présent et indiquaient la direction à emprunter. Si quelqu’un n’était pas muni du bon document ou simulait un oublie de ce dernier ou encore tentait de corrompre, l’accès lui était refusé. Si quelqu’un se permettait d’ignorer leurs instructions et haussait le ton, les gendarmes prenaient la relève. Une fois le stade franchi, les volontaires vous indiquaient où vous asseoir. A l’intérieur du stade, on se sentait véritablement en sécurité. La présence des Forces de maintien de l’ordre rassurait et aucun débordement n’a été observé. A la fin du match, il était impossible d’accéder à la zone mixte sans autorisation spéciale. Même le plus beau sourire du monde ne les faisait plier. Cette zone où journalistes, représentants des délégations, personnalités sportives et politiques, joueuses et membres du staff se retrouvent, était barricadée par la police. Tout individu souhaitant s’y rendre devait justifier d’un laissez-passer plus que spécial et la police y veillait.

Natasha Sime

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