Cameroun – Fièvre du remaniement à l'Ouest: Le département de la Mifi attend son ministre

Les fils des groupements Bafoussam, Baleng, Bamougoum, Bapi et Baleng attendent d’être promus au gouvernement. Et veulent que les routes du bassin agricole soient construites et aménagées.
I-Une démarcation électoraleLa performance du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) aux dernières élections couplées du 30 septembre 2013 parait inédite dans le département de la Mifi. Surtout que le parti de Paul Biya a largement devancé le Sdf, avec qui ils se sont partagés les deux sièges de député, dans le cadre des élections législatives. Pour ce qui concerne les mairies, deux des trois communes sont contrôlées par le parti du flambeau ardent. «Le Cameroun est inexorablement engagé dans les festivités marquant la célébration du cinquantenaire de sa Réunification. Hommes et femmes au loyalisme affiché envers les institutions de la République et celui qui les incarne, le chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya, les populations originaires de la Mifi chiffrées à environ 400 000 âmes sur l’ensemble du triangle national prennent part activement aux différentes manifestations inscrites dans le chronogramme officiel de la double commémoration. Seulement, cette joie, manifeste, ne saurait occulter le profond malaise qui nous traverse au quotidien », se plaint Paul Foka, une jeune originaire de Bafoussam. « Car, poursuit-il, sans vouloir faire un procès d’intention à qui que ce soit, nous tenons à informer l’opinion nationale et internationale du fait que nous sommes en train de célébrer aussi le cinquantenaire de notre marginalisation. Si, au plan politique, on n’a pas besoin de fournir des efforts pour établir que des manœuvres sournoises et malsaines sont institutionnalisées pour empêcher l’accès des fils de la Mifi à des postes décisionnels importants, en termes de développement économique et social, faut-il noter que de nombreuses pesanteurs subsistent . Reste que pour nous, cette situation ne saurait être une fatalité. Car à la lumière de l’application de quelques suggestions formulées, la donne peut changer. Il faut avoir le courage de le reconnaître et de l’affirmer, les populations originaires des villages Bafoussam, Bamougoum, Baleng, Bapi et Badeng sont victimes d’une discrimination orchestrée par des mains invisibles». C’est comme si le transfert en 1963 de la capitale régionale de l’Ouest de Dschang à Bafoussam s’est constitué en ciment des malheurs des populations de la Mifi, pour ne pas dire de leur inscription dans le fichier des persona non grata de la République. Et qui pourraient nous dire le contraire? Sinon comment comprendre qu’après le passage de feu Adolphe Patchong, à l’aube de l’indépendance, comme vice-président de l’Assemblée nationale, aucun fils des collectivités traditionnelles constituant l’actuel département de la Mifi n’a plus droit à un poste aussi prestigieux dans les institutions de la République.

Et pourtant ses hommes politiques ont toujours brillé par un engagement soutenu, et dans une certaine mesure accompagnée d’une bonne dose de zèle, dans les rangs du parti au pouvoir. L’implication de Sa Majesté Elie Ngompé, défunt chef supérieur Bafoussam dans les rangs de l’organisation des jeunes de l’Union nationale camerounaise (Ojunc) reste gravée dans les mémoires. Tout comme les efforts multipliés par le défunt chef supérieur Baleng Sa Majesté Thomas Nembot Kamdem pour la pacification de son village pendant la rébellion. De même que cette tête couronnée, Mathieu Kengne et Paul Kué Dado ont mobilisé les populations pour combattre la rébellion respectivement à Bamougoum et à Bafoussam. D’ailleurs en 1983, lors de la première crise entre SE Paul Biya et son prédécesseur à la tête de l’Etat, Ahmadou Ahidjo, les populations de la Mifi se sont alignées, sans aucune hésitation derrière Paul Biya.

Pour l’instant des fils de la Mifi à l’instar de Sylvestre Ngouchinghé, Pdg de Congelcam Sa, Pr Joseph Kankeu, Pr Thomas Tamo Tatientse, Dr Pascal Nguhé Kanté, Dr Jules Hilaire Focka, M. Jean Pierre Soh, M. Samuel Souop, Joseph Confiance Fongang , Samuel Mbou, Mme Angèle Toukam Tela Sandio et autres ne cessent de mouiller le maillot pour la défense de l’image du régime de Yaoundé devant les populations de la Mifi.

II-Loyauté au système Ahidjo-Biya
Pendant la tentative de coup d’Etat d’avril 1984 déjoué par les forces loyalistes, il va sans dire que nous resterons du côté de la légalité et de la légitimité républicaines. Cette allégeance s’est poursuivie au congrès de Bamenda lors de la création du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

Avec l’avènement du multipartisme en 1990, en dépit du fait que la ville de Bafoussam avait été érigée en champ d’expérimentation de la contestation par quelques « apprentis sorciers », pour reprendre l’expression du Président Biya, nous originaires de la Mifi sommes restés fidèles aux institutions de la République. Certaines élites originaires du département ont vu leurs biens incendiés par des vandales à Bafoussam.

Plusieurs d’entre nous et leur famille se sont sentis en danger dans cette cité où sont logés les crânes de nos ancêtres. Face au boycott des élections législatives pluralistes de mars 1992 prôné notamment par certains leaders politiques qui avaient établis leur quartier général à Bafoussam, nous, originaires du département de la Mifi, avions pris part activement à cette consultation, même ceux de nos frères qui se trouvaient dans les partis de l’opposition à l’instar de Samuel Wambo, président national du Rassemblement camerounais pour la République (Rcr). A Badeng comme dans bien de contrés de la Mifi, ils existent des pratiques anachroniques et obsolètes, notamment dans la gestion du centre de santé intermittent, qui feront difficilement croire aux uns et autres que ça fait cinquante ans que le Cameroun a accédé à la souveraineté internationale. Mais tout est réparable. Surtout que les fils de la Mifi pensent que le temps du rattrapage a sonné pour l’ensemble du département de la Mifi.

III-Sollicitation d’une université publique
Au rang des pistes pour un développement durable département de la Mifi, se trouve la revendication des fils de cette localité en vue de la création d’une université d’Etat à Bafoussam. Cette demande est autant opportune que dans le cadre du plan d’urbanisation de la ville, M. Nkodo commis pour cette tâche a souligné que l’un des freins à cette urbanisation et au développement de la métropole de l’Ouest est l’absence d’université complète dans la localité. « Nous avons le regard tourné en vers le Président de la République. Car, nous comptons énormément sur sa clairvoyance et sa magnanimité. Nous souhaitons que le Chef de l’Etat choisisse, suivant son pouvoir discrétionnaire, un de nos fils qui sera le relais entre nous et les hautes institutions de la République », plaide un fils de la Mifi.

La prise des mesures adéquates pour favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes diplômés originaire de la Mifi constitue pour celui-ci un souhait profond. « Nous désirons que des études et des actions soient menées pour envisager l’optimisation du potentiel avicole du département de la Mifi. Le soutien aux efforts fournis par nos municipalités devrait, selon nos souhaits, figurer sur le registre des priorités du Feicom. Pour nous, la gestion de notre environnement et le contrôle de nos Lacs, doivent figurer au rang des priorités des entités gouvernementales chargés des questions évoquées », complète, Arnaud Sitamze, originaire de la Mifi et militant dans une Ong locale. Un autre sujet d’inquiétude qui taraude l’esprit des populations de la Mifi, est l’absence d’étude et de contrôle des différents Lacs présents dans le département. L’existence d’une station de contrôle et d’évaluation de la probabilité d’émission ou de non émission des Gaz toxiques par ces Lacs sont pour elles, important.

« Nous ne voulons pas vivre, en plein 21 siècle, le syndrome qui a affecté certaines populations des contrées jadis volcaniques du Cameroun. Une autre menace susceptible d’affecter notre environnement, pourrait provenir du non traitement et du mauvais traitement des déchets déversés par les sociétés de provenderie modernes ou artisanales, les sociétés de savonnerie et l’entreprise brassicole installées sur place. Tout comme, nous sommes soucieux de savoir si le traitement des déchets hospitaliers fait partie des préoccupations des responsables gouvernementaux chargés de la préservation de l’environnement et de la protection de la nature.Les lenteurs observées après le lancement officiel des travaux pour la construction d’un nouveau stade Omnisport à Bafoussam, nous fait avoir peur de revivre un autre feuilleton interminable de stade omnisport inachevé de Bafoussam», souhaite Bernard Moumbé notable à Baleng. Tout comme la valorisation de l’aéroport de Bafoussam-Bamougoum font partie des exigences de l’élite de la Mifi qui attend le retour d’ascenseur de Paul Biya.

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