Cameroun – Fête du travail: Les travailleurs mettent la pression sur le gouvernement

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Au moins deux mouvements d’humeur sont annoncés au courant de la semaine qui commence ce 26 avril 2014. Dans les écoles comme à la cour suprême, les travailleurs n’ont pas le cœur aux réjouissances.[pagebreak]A priori il n’y a aucun lien entre les enseignants et les petites mains qui travaillent au service des collaborateurs d’Alexis Dipanda Mouelle. Cependant les deux catégories de personnel de l’Etat ont choisi le début du mois de mai pour demander une meilleure prise en charge de la part de leur employeur. Pour les premiers, l’information a été communiquée en fin de semaine dernière par le syndicat national des instituteurs contractuels, contractualisés et des maîtres de parents (SNICOMP)– tendance Charles Koung. Les membres de ce groupement d’instituteurs apprend-on ne vont pas dispenser d’enseignements pendant toute la semaine du 27 avril 2014. Certes ils viendront à l’école comme chaque matin. Mais ce sera pour attendre sagement la fin de la journée de classe. En clair, à part la surveillance des enfants, les instituteurs du SNICOMP prévoient de ne pas travailler au moment où les travailleurs camerounais et ceux du monde entier entament la dernière ligne droite vers la fête qui leur est consacrée.

Si on veut croire des sources non officielles, d’autres syndicats d’enseignants auraient également déposé un préavis de grève pour cette même matinée du 27 avril. Une dizaine d’organisations animée par des enseignants du primaire d’une part et du secondaire d’autre part. Les revendications qu’ils charrieraient tourneraient autour de l’amélioration de leurs conditions de travail. Les syndicats d’instituteurs se préoccupent de la question de l’intégration de leurs collègues temporaires. Certains professeurs d’éducation physique et sportive souffrent de la précarité de leur statut et revendique l’intégration. La question de la prime de documentation, pomme de discorde permanente entre le gouvernement et les enseignants, devra aussi être mise sur la table. Même si le décret sur les palmes académiques est déjà signé, le retard dans son application compte bien être à nouveau indexé par les enseignants.

Ça chauffe à la cour suprême
Les chauffeurs et les agents d’entretien de la cour suprême comptent eux-aussi emboîter le pas aux instituteurs et au corps enseignant du primaire et du secondaire. Mais ce sera après les festivités de la fête du travail. La raison ? Difficile de dire, ce d’autant plus que le débrayage qu’ils comptent tenir dès le 05 mai 2014 devait en réalité se tenir dix jours plus tard. A peine peut-on s’aventurer à souligner que le 31 mars dernier, ils ont assisté à une réunion avec Laurent Nya Finke, le secrétaire général de l’institution afin de solder leurs revendications une fois pour toute. Malheureusement les négociations n’ont pas porté les fruits attendus, confie une source proche du collectif des chauffeurs de la cour suprême.
Ces derniers voudraient que leurs conditions de travail soient améliorées au même titre que celles des autres personnels qui travaillent dans l’institution.

Ils revendiquent à ce titre cinq principaux avantages de service. Il s’agit des primes de transport, les ordres de mission, les tenues de sorties et de travail, les émoluments, les gratifications, etc. De leur point de vue, il y a un déphasage entre les conditions de vie des chauffeurs et l’image que voudrait refléter la cour suprême à l’extérieur. «Alors qu’ils roulent dans de grosses voitures écrivent-ils, allez voir comment les chauffeurs de la cour suprême sont sales. Nous sommes devenus des laveurs de voitures, des taximen, etc. Les agents d’entretien vendent de l’eau glacée», relève l’un d’entre eux qui a requis l’anonymat.

Face à l’échec des discussions, les chauffeurs et les agents d’entretien de la plus haute juridiction fonctionnelle au Cameroun promettent dans un courrier adressé à M. Nya Finkeu le 23 avril 2014 qu’ils comptent organiser une «grève pacifique». Les ministères de la justice et du travail sont informés du malaise. Une copie a également été transmise au Palais de l’Unité et à l’Immeuble Etoile. Tout comme les enseignants, ces employés de la cour suprême viendront chaque matin au travail avec pour objectif exprès de ne pas travailler.

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