Cameroun – Exclusivité : Le gouvernement renonce à augmenter le prix du carburant

luc magloire atangana

Alors qu’une forte hausse des prix à la pompe se profilait ces derniers jours au Cameroun, le gouvernement vient finalement de renoncer face à la crainte d’un vaste mouvement social. Explications sur ce rétropédalage en forme d’aveu de faiblesse.

Le spectre d’une fronde sociale a eu raison des augmentations

C’est un peu moins d’un soulagement pour de nombreux Camerounais. Alors qu’une flambée des tarifs à la pompe semblait inéluctable ces dernières semaines, le gouvernement est finalement revenu sur sa décision ce vendredi 02 février. Au terme d’une réunion avec les syndicats, le Ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a fait savoir qu’il n’y aurait finalement « aucune augmentation sur le prix des carburants et du gaz ».

Une annonce surprise après des semaines de tensions face aux rumeurs de hausses allant jusqu’à +15% du prix à la pompe. De quoi réactiver le spectre des émeutes de 2008, où des milliers de Camerounais avaient manifesté contre le renchérissement du carburant et des produits de première nécessité.

Un scénario que le gouvernement aura voulu éviter à tout prix à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Quitte à renoncer publiquement au projet initial, trop risqué socialement et politiquement.

L’impact social pointé du doigt

Car ce facteur a clairement pesé dans la balance, à en croire le Mincommerce. « L’impact social et la crainte d’un mouvement de protestations de masse » ont ainsi été mis en avant lors des échanges avec les syndicats, alors que le sujet des subventions étatiques aux carburants a également été abordé.

Preuve que les autorités, conscientes de la précarité grandissante des ménages camerounais avec l’inflation, auront préféré temporiser au risque de reculer pour mieux sauter.

Sursis ou enterrement définitif ?

Reste désormais à savoir si ce rétropédalage marque un enterrement définitif de toute idée de hausse des tarifs de l’essence, ou seulement un sursis provisoire en attendant des jours meilleurs.

Une chose est sûre, le gouvernement marche sur des œufs et devra redoubler de pédagogie pour faire accepter le moindre effort tarifaire aux usagers, au risque sinon d’une véritable révolte populaire.

Par Fabrice Nkoa pour 237online.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *