Alors que le coût de la vie ne cesse de flamber ces derniers mois au Cameroun, l’exaspération des populations a atteint son paroxysme. Sur les réseaux sociaux, de nombreux citoyens excédés menacent désormais de passer à l’action pour dénoncer ce matraquage fiscal permanent et cet appauvrissement insupportable.
Une colère sociale qui monte jour après jour
« Trop c’est trop ! Les Camerounais commencent à en avoir marre ». Ce post amer d’une internaute résume le ras-le-bol généralisé des populations camerounaises, à bout face à l’inflation galopante qui grignote leur pouvoir d’achat. Entre la dernière hausse du carburant et l’envolée continue des produits alimentaires, le panier de la ménagère pèse chaque mois un peu plus lourd dans des budgets de plus en plus contraints.
Autant dire que cette énième augmentation des tarifs de l’essence, passés à 840 FCFA le litre en moyenne cette semaine, n’est pas passée. Au contraire, elle aura allumé le feu aux poudres d’une contestation sociale naissante, qui couvait depuis des mois.
Un ras-le-bol attisé par le maintien de l’impôt
Et ce qui ulcère tout particulièrement les citoyens, ce sont les immenses sacrifices consentis sans contrepartie aucune de la part des pouvoirs publics. « Il n’y a pas d’eau ni électricité. Les enseignants travaillent sans salaire. Les routes sont impraticables même à Yaoundé » peste l’internaute, quand d’autres dénoncent une insécurité hors de contrôle.
Autant de services publics défaillants sur lesquels l’État continue pourtant de prélever allégrement l’impôt, via les nombreuses taxes qui explosent sans cesse (timbre, vignettes, etc). De quoi attiser la frustration populaire et la défiance envers des élites corrompues.
Vers un soulèvement populaire pour renverser la table ?
Excédés, de nombreux Camerounais en viennent ainsi à évoquer ouvertement un « soulèvement populaire » pour exprimer leur courroux. Une possibilité qui n’a rien de fantaisiste tant les braises de la révolte sociale sont attisées à longueur de journée par l’incurie du régime et l’égoïsme de ses potentats, perçus comme indifférents à la grogne naissante.
Vivant dans un autre monde fait de jets privés et de magouilles en tous genres pour piller le maximum de deniers publics, ces élites déconnectées de Yaoundé semblent en effet jouer avec le feu. À force de pressurer un citron déjà exsangue, elles pourraient à terme provoquer un embrasement social d’ampleur que même la répression ne suffira pas à étouffer.
Par Francis Tagne pour 237online.com
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