Cameroun: Essimi Menye boycotterait-il le Rdpc ?

Le président de la Commission de coordination et de suivi du processus de renouvellement des bureaux des organes de base du Rdpc dans le département de la Mefou et Afamba n’a toujours pas posé le moindre acte dans cette opération depuis sa désignation, suivie de son éviction du gouvernement le 2 octobre dernier.
Mais où est donc passé le président de la Commission de coordination et de suivi des opérations de renouvellement des bureaux des organes de base du Rdpc dans la Mefou et Afamba ? Depuis sa désignation, Essimi Menye est toujours invisible sur ce terrain, et n’a toujours pas posé le moindre acte tendant à mener à bien le processus. Aucun communiqué y relatif, aucune concertation avec les acteurs concernés. Un silence à l’antipode de l’effervescence qui gagne la grande majorité des unités politiques du parti au pouvoir sur l’ensemble du territoire national.
Pourtant, d’après quelques analystes, son éviction du gouvernement le 2 octobre dernier lui aurait concédé plus de marge de manoeuvre pour se consacrer à cette charge. C’est le cas de ses compagnons d’infortune, sortis aussi du gouvernement le 2 octobre dernier, qui multiplient d’activisme sur le terrain de cette opération, à l’instar de Robert Nkili dans la Lekié, Catherine Mbakang Mbock dans le Nyong et So’o, Moukoko Mbonjo dans le Nord, Biyiti Bi Essam à Biyong Bulu, pour ne citer que ceux là. Dans la Mefou et Afamba, militants, candidats et observateurs appréhendent avec circonspection l’apathie du président de la commission départementale de coordination et de suivi.
Au sein de la commission régionale pour le centre, on refuse de se prononcer sur ce qui apparait comme une forfaiture. Mais à en croire des indiscrétions dignes de foi, des dispositions seraient en voie d’être prises pour pourvoir au remplacement d’Essimi Menye dans les jours qui viennent. Le Comité central serait déjà saisi de la démarche des militants et de la Commission régionale de coordination et de suivi du centre. On avance d’ailleurs le nom d’un autre cadre du parti déchu de son poste professionnel il y a quelques temps, et qui pourrait remplacer le ministre « rebelle » ( ?) dès cette semaine. Suffisant pour les observateurs de percevoir dans la situation un bras de fer larvé entre l’ex-ministre et la hiérarchie de son parti. Et ce en dépit des nouvelles faisant état de sa santé chancelante, due à un Avc qu’il aurait subi et qui motiverait une demande d’évacuation sanitaire. Un bras de fer qui ne surprend guère les observateurs avertis, eu égard aux caractères « frondeur » et « hautain » que certains portraitistes exhibent ce haut commis de l’Etat.
Et durant la passation de service avec son successeur au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, une image n’a pas échappé à ceux qui savent lire entre les lignes. Alors qu’Henri Eyebe Ayissi, le nouveau Minader s’apprêtait à lui accorder une accolade « fraternelle », l’ex-ministre s’est empressé de lui tendre la main. Preuve peut-être de la rupture avec l’hypocrisie traditionnelle qui meuble les rapports entre le sérail et ses déchus. Prémonition d’une guerre plus ouverte qui se profile entre l’ancien ministre et le pouvoir de Yaoundé ? La question mérite son pesant d’or au moment où des sirènes annoncent la possibilité d’une avalanche de procédures judiciaires contre Essimi Menye dans les jours qui viennent. L’avenir le dira.

Gérard ABéGA

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