Politique

Cameroun : En attendant le remaniement… Le gouvernement obèse !

L’équipe de Dion Ngute du 4 janvier 2019, formée de 65 membres est considérée comme l’une des plus pléthoriques du continent.

Entre récompense politique et efficacité, Paul Biya a du pain sur la planche pour former la prochaine cuvée. On attend toujours, probablement et certainement, le gouvernement 2 du capitaine de l’actuelle équipe. Après les législatives, les municipales et les régionales, l’opinion est perplexe sur la date de l’avènement d’un aménagement de l’équipe gouvernementale. Le cœur de la difficulté est de récompenser les efforts des uns et des autres au cours de ces divers scrutins. Si dans la globalité, le parti présidentiel a raflé la mise, il y a qu’en fond de toile, dans les différentes circonscriptions, de nouvelles forces ont émergé dans la dynamique de la victoire du Rdpc. Ces jeunes loups aux dents longues piaffent évidemment d’impatience comme à la sortie de chaque élection, d’être récompensé au plus haut niveau de la hiérarchie qui pour tous, signifie entrer au gouvernement. Le temps que prend Paul Biya, il est coutumier du fait, peut-il être perçu comme une complexité à concilier l’efficacité gouvernementale à venir et la volonté politique de distribuer à la ronde les maroquins ? Et ce n’est pas tout, Paul Biya souhaite avoir la bonne main de tirer des jokers qui seront en capacité sur le territoire national de répondre aux urgences de l’heure.

Il va sans dire que dans les régions troublées du pays par exemple, les ministres sont nommés par rapport à leurs potentialités à jouer la carte en faveur du retour à la paix. Dans l’Adamaoua où l’Undp a renversé le Rdpc aux dernières élections régionales, le chef de l’Etat devra reconsidérer la part du gâteau qui revient à son allié de gouvernement de longue date. En ce qui concerne les nouveaux partis, leur place au sein du gouvernement se fait pressante. Ainsi le Pcrn de Cabral Libii pourrait se contenter de quelque strapontin. Ce n’est pas rien pour aider à la bonne marche du parti. L’autre équation est le Mrc. Il va de soi, sur la base de la coutume politique pour fragiliser ses adversaires directs, que Paul Biya pourrait recruter un ou deux ministres dans les rangs du Mrc. On constate à la sémantique des déclarations de certains de ses membres que le président du Rdpc pourrait avoir l’embarras de choix. De la sorte, la gangrène qui a laminé l’Undp pourrait atteindre le Mrc.

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Une technostructure à alléger

Pour récompenser les efforts du monde politique, le chef de l’Etat éclate les départements pour recaser avant tout les acteurs de premier plan. Pour s’en convaincre, le Gabon compte 33 porte-feuilles, la Côte d’Ivoire a une équipe gouvernementale de 50 membres, le Sénégal a 37, le Bénin 24, le Nigeria a un gouvernement fédéral de 44 ministres, le Ghana en compte 36. A la lumière des indices de développement ou de la perception de la corruption, rien n’indique qu’un effectif pléthorique est un signe d’efficacité. Par exemple en ce qui concerne la corruption en 2020, le Cameroun est classé 149/180 pays avec une note de 25/100 alors qu’un pays comme le Benin qui n’a que 24 ministres est classé 83/180 pays et une note de 41/100. En ce qui concerne l’indice de développement humain (Idh), c’est le même constat. Pour réduire la taille des ministères, il conviendrait de faire un rapprochement en fonction de l’objet des portefeuilles.

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Ainsi il y a forcément un lien entre les ministères de l’Elevage des pêches et des industries animales ; de l’Agriculture et du développement rural ; de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable ; des Forêts et de la Faune ; de la Décentralisation et du développement local. Le point central qui lient ce quatre départements ministériels est le développement, qu’il soit local ou durable. Le deuxième pôle où il pourrait avoir des concentrations, se situe au niveau des trois ministères de l’Emploi et de la formation professionnelle, des Enseignements secondaires ; de la Jeunesse et de l’éducation civique. Tous les trois portefeuilles se cristallisent autour des enseignements et emplois. Le troisième pôle se situe autour de deux ministères : Protection de la femme et de la famille ; Affaires sociales.

Les deux sont unis par la protection sociale. Le quatrième pôle s’oriente autour des ministères du Tourisme et des loisirs ; des Arts et de la culture. Les deux peuvent bien entendu fusionner. Le cinquième pôle concerne les ministères de la Recherche scientifique et de l’innovation ; Enseignements supérieurs ; Emploi et de la formation professionnelle. Toujours dans l’optique d’alléger l’équipe gouvernementale, on pourrait supprimer l’essentiel des postes de ministre délégué. L’équipe actuelle en compte huit. Il en va de même des Secrétariats d’Etat dont l’effectif est de 10.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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